C’est bientôt Noël. Alors pourquoi pas un conte de Noël ?

C’est certainement un miracle !  Est-ce Hanouka qui approche ? Est-ce Noêl  ? En tout cas nous venons de recevoir ce conte de Noël. D’où vient-il ? Du grand Nord ? Pourquoi pas ?  De l’Est européen en tout cas.Nous vous le livrons tel quel.

Misha le juif ukrainien

Un curieux Noël 2022  !

Si je vous dis que je m’appelle Misha, ça vous dit quelque chose ? Bien sûr que non !

Si je vous dis que je suis arrivé à la fin de l’été avec mes petits-enfants Mila et Grégori, fuyant la fureur russe qui s’est abattue sur l’Ukraine depuis le 24 février 2022, ça vous dit quelque chose ? Ca non plus, ça ne vous dit rien…
La guerre en Ukraine, c’est loin et puis, vous aussi, vous avez vos soucis. La vie n’est pas facile aujourd’hui.
Malgré tout, la fin de l’année approche et vous songez tout de même à préparer la fête, les fêtes…

Mila, Grégori et moi, nous avons beaucoup de mal pour survivre. Les enfants sont bien jeunes et moi, je me sens si vieux dans ce pays étranger. Oh, on ne nous a pas abandonnés. La ville où nous sommes arrivés nous a prêté une maison mais comment travailler quand on ne parle que l’Ukrainien et le Yiddish et quand il n’y a aucune communauté juive aux alentours ?

Oui, vous avez bien compris, nous sommes des juifs ukrainiens

Vous avez entendu parler d’Odessa ? Après ma naissance à côté de Medziborz (là où est enterré le Baal Shem Tov, le père du Hassidisme), mes parents sont venus habiter à Odessa, dans le quartier très juif de Moldavanka. C’est là que j’ai fait ma bar-mitsva.

Ah, Odessa était une bien jolie ville jusqu’à l’arrivée des Russes, mais attention, ne vous méprenez pas. Pour nous les Juifs, Odessa a été le meilleur et le pire, surtout au cours de la 2ème guerre mondiale. Nous avons été tant persécutés.
Mais, ce n’est pas le moment de vous attrister.
Parlons plutôt musique. Savez-vous qu’Odessa est le berceau de la musique klezmer ?
Au fait, la musique klezmer, vous connaissez ? Non ? Il s’agit de cette musique qui accompagne nos mariages, nos réjouissances. Deux ou trois musiciens, un violon, une clarinette, un cymbalum ou un accordéon et le tour est joué.
Moi, je me débrouille plutôt bien avec ma clarinette. Il faut dire que si j’ai du succès, c’est aussi parce que j’y mets tout mon cœur, même à mon âge !
Dans notre exil qui vient de nous conduire en France, j’ai réussi à mettre ma clarinette dans mes bagages et maintenant, le soir dans notre maison trop vide, je joue quelques airs familiers à mes petits-enfants. Cela leur rappelle nos réunions familiales si joyeuses. Quelquefois, cela nous fait pleurer…

Mais, attendez, ce n’est pas de cela dont je veux vous parler, non, non, mais bien plutôt, d’un événement singulier qui m’est arrivé, il y a peu de jours.

Avec tout ce que je viens de vous dire, vous avez compris que, dans mon cas, ce n’est pas bien facile de survivre à nos difficultés du moment et mes maigres économies fondent à vue d’œil ! Alors, j’ai cherché à me rendre utile, moyennant finances bien entendu ! Et savez-vous ce qui m’est arrivé ?
La petite ville dans laquelle je me trouve m’a proposé de déambuler dans les rues, habillé en Père Noël et de me faire photographier avec les enfants confiés par leurs parents. J’ai tout de suite accepté malgré le fait que Noël, ce n’est pas une fête pour nous, les juifs. Vous pensez, fêter la naissance d’un enfant, un des nôtres paraît-il… mais vous savez comme moi que sa venue a engendré tant de persécutions chez nous autres, les juifs.
Que dirait notre famille d’Odessa si elle me voyait ! Elle se souviendrait de mes moqueries à l’égard de ces traditions de Noël que je supportais si mal !…

A Odessa, dans notre quartier de Moldavanka, comme dans toutes les communautés juives de par le monde, nous fêtons en décembre la fête de Hanoukka. Vous connaissez ?
Nous faisons mémoire du miracle de la fiole d’huile préservée dans le Temple de Jérusalem, saccagé par les Séleucides.
Si vous ne connaissez pas, allez donc voir sur internet, Akadem ou Wikipedia et vous saurez tout…
Donc, notre tradition veut que tous les ans, pendant 8 jours, nous allumions chaque soir une bougie de plus que la veille et ces bougies doivent éclairer la nuit du monde. Oui, la règle c’est de poser, chaque soir, nos bougies allumées devant une fenêtre pour rappeler à notre environnement que la lumière de D.ieu est toujours là pour qui sait la voir et puis aussi pour remplacer les ténèbres de nos vies par l’espérance. C’est une belle fête je vous assure.

Mais voilà que cette année, pour ne pas mourir de faim, je vais célébrer Noël avec mon déguisement !!!
Et plus nous approchons de ce 25 décembre, et plus je m’en veux de favoriser Noël et de passer sous silence notre belle fête de Hanoukka. Qu’est-ce que je peux dire à mes petits enfants qui ne comprennent déjà pas pourquoi ils sont séparés de leurs parents, de leurs amis, sur cette terre inconnue ?
Pourtant, dans la rue principale, près de la Grand Place, là où les lumières brillent, là où une demi-douzaine de sapins font un arc de cercle en me tendant leurs bras scintillants et protecteurs, je ne me sens pas si mal même si cela me contrarie un peu de faire la promotion de Noël. Mais après tout, le Père Noël, ce n’est pas chrétien que je sache !.

L’autre jour, mes petits-enfants étaient à côté de moi et voilà que tout à coup, Mila s’est mise à chanter avec force le chant que nous chantons tous au moment de Hanoukka « Maoz Tsour, yeshua’ti, lekha… ».
Je l’ai regardé et je lui ai demandé :
« Pourquoi chantes-tu ce chant de Hanoukka. Ici, ça n’existe pas ! Tu vas mécontenter mes clients !! »
Alors, Mila s’est arrêté de chanter. Elle m’a regardé du haut de ses 9 ans et elle m’a répondu « Pourquoi, ne pourrait-on pas chanter Maoz Tsour ? C’est bien un chant qui célèbre la bonté de Dieu ? J’ai bien le droit… » a-t-elle ajouté…

Et c’est là que le miracle a commencé pour moi. Mila et ses camarades de classe, venus de tous les coins de la Grand Place, se sont donné la main et tous se sont mis à tourner autour de moi en chantant Maoz Tsour de leurs voix cristallines. Vous avez bien compris. A l’école, la maîtresse avait demandé à Mila de chanter quelque chose pour célébrer la lumière de Noël et Mila avait entonné Maoz Tsour. C’est ce qu’elle connaissait…

Et la solidarité humaine a fait le reste !!

Non seulement, mes clients n’ont pas été mécontents. Ils sont de plus en plus nombreux à me confier leurs enfants pour la photo souvenir et, figurez-vous que plusieurs familles chrétiennes nous ont invités tous les trois à un beau moment de rencontre le 8ème jour de Hanoukka qui coïncide, cette année, avec le lendemain de Noël.
Mila, Grégori et moi, nous allons leur raconter la belle histoire du miracle de Hanoukka et je crois qu’ils vont nous apprendre à regarder autrement la naissance de ce petit juif appelé Yeshoua par ses parents Myriam et Yosef…

Alors, belles fêtes à tous, Hag Sameah !!!

Misha

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« Nostra aetate », vous connaissez ?

Oui, certainement,  beaucoup d’entre vous connaissent la déclaration « Nostra aetate » du concile Vatican II. Mais il n’est pas inutile de resituer ce document pour mieux en relire aujourd’hui le §4, qui traite des relations entre judaisme et christianisme.

Le but de l’atelier proposé par l’Amitié judéo-chrétienne de France, groupe de Nantes, est de permettre à ceux qui le souhaitent d’approfondir ou de découvrir l’importance de cette déclaration pour le dialogue apaisé que vivent aujourd’hui juifs et chrétiens…

Cet atelier  sera animé par Jean-Pierre HANEL, membre du groupe AJCF de Nantes (détenteur d’un master de théologie).

Il aura lieu le 5 décembre, de 15 h à 17 h  dans le Pôle associatif « Désiré Colombe » 8 rue Arsène Leloup dans le centre de Nantes.

LUNDI 5 DÉCEMBRE 2022
Amitié judéo-chrétienne de France, Groupe de Nantes
ATELIER D’ENCYCLIQUE: NOSTRA ÆTATE, § 4*
——————
Animation : Jean-Pierre Hanel
(Master de Théologie catholique Université de Strasbourg)
De 15h à 17h au
PÔLE ASSOCIATIF « DÉSIRÉ COLOMBE », SALLE « NATHALIE LEMEL »
8, rue Arsène Leloup   –  NANTES CENTRE
——————
28 octobre 1965, Nostra aetate, §4: une date charnière pour les relations apaisées entre catholiques et juifs. Un des acquis du Concile VATICAN II, initié par le Pape Jean XXIII et qui met à l’ordre du jour, agréant la requête de Jules Isaac, la question des racines juives de l’Eglise. Ce qui met fin à 19 siècles et de méprises et de mépris.
L’atelier d’encyclique se propose de revenir sur les « origines » de ce texte stupéfiant à beaucoup d’égards; d’en cerner les principales composantes; d’en saisir les enjeux (en 1965 et aujourd’hui). Ensemble nous essaierons de mesurer les « avancées » qu’il a enclenchées autant du côté chrétien que du côté juif.

Cet atelier n’est pas une conférence, ni encore moins un cours. La recherche sera collective, faisant appel aux connaissances de chacun dans un esprit de réflexion participative. Une documentation minimale sera fournie. Mais chacun peut contribuer à sa façon à l’information du groupe sur le sujet précis (documents brefs, notes de lecture, souvenirs personnels, élément(s) de bibliographie, etc…)

20 PLACES > INSCRIPTION PRÉALABLE > 06 84 87 92 30 jhanel@orange.fr
MEMBRE AJCF > GRATUIT — NON MEMBRE > PAF 5 euros
* Nostra ætate, texte disponible à la lecture en ligne et imprimable (4 pages, texte seul): https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_decl_19651028_nostra-aetate_fr.html

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Exposition « Du cri du coeur à la voix des Justes »

 

 

Le Service diocésain des relations avec le Judaïsme (SDRJ) organise une exposition « Du cri du cœur à la voix des Justes » du 1er au 22 décembre 2022 (lundi au vendredi de 9h à 12h et de 14h à 17h30) dans le hall de la Maison Saint-Clair (7 chemin de la Censive du Tertre – 44300 Nantes). Cette exposition itinérante s’inscrit dans le cadre du projet « À la mémoire des Justes parmi les nations » initié par la Conférence des Évêques de France (CEF) en lien avec Yad Vashem (Jérusalem) et le Mémorial de la Shoah (Paris).

Lire le dossier de presse (de l’inauguration de l’exposition à la CEF – septembre 2022).

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Le Pape invite juifs et chrétiens à ouvrir des chemins de paix

Le site « Vatican News« ,  repris intégralement par le site juif francophone « JForum.fr », commente la rencontre du pape François avec les représentants du Congrès juif mondial ce mardi 22 novembre 2022 :
  Le Pape, les cardinaux Ayuso et Koch, et des membres du Congrès juifs mondial, ce mardi 22 novembre 2022.  (Vatican Media)

« Lors de sa rencontre avec les représentants du Congrès juif mondial, ce mardi 22 novembre, François a réaffirmé que toute guerre «est toujours, en tout cas et partout, une défaite pour toute l’humanité». Le Pape évoque l’Ukraine, «une guerre sacrilège qui menace les juifs comme les chrétiens, les privant de leurs affections, de leurs maisons, de leurs biens, de leur vie même».

Juifs et catholiques ont «en commun des trésors spirituels inestimables». Ils professent «la foi dans le Créateur du ciel et de la terre» et croient que «le Tout-Puissant n’est pas resté éloigné de sa création, mais s’est révélé». C’est ce qu’a souligné le Pape François lors de sa rencontre au Vatican avec les représentants du Congrès juif mondial, qui représente les communautés juives de plus de 100 pays. »…

Lire la suite

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Conférence : Les femmes dans la bible

Cette année la thématique de l’Amitié judéo-chrétienne de Nantes propose un certain nombre de manifestations à propos des femmes dans la Bible.

La première rencontre consistera en une conférence 

 
le lundi 14 novembre au CCAN (Centre culturel André Néher, 6 Impasse Copernic à Nantes)

Cette conférence nous sera donnée par Madame Janine Elkouby, membre de la Communauté juive de Strasbourg, agrégée de Lettres classiques et présidente du Groupe AJCF de cette même ville.

 
Elle est l’auteure de nombreux ouvrages tels que « Chroniques bibliques au féminin« , « Trois femmes et un siècle« .  Son dernier ouvrage qui est sorti en 2022 s’intitule « Les enfants du désordre« .
Nous vous proposerons tous ces ouvrages lors de notre soirée-rencontre du 14 janvier.
 
Janine Elkouby affirme avec force les trois convictions profondes qui l’habitent :
                                                      le refus de l’injustice (en particulier entre hommes et femmes),
                                                      le goût de la connaissance et du savoir, mais aussi
                                                      l’attachement à construire des ponts dans notre monde, en particulier entre juifs et chrétiens.
 
Merci de faire connaître cette conférence autour de vous, à vos proches et à vos amis.
 
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Des podcasts pour la mémoire des Justes

Le Comité français pour Yad Vashem (CFYV) propose à partir d’aujourd’hui, en partenariat avec France Culture, dix podcasts racontant l’histoire des Justes, ces Français qui ont sauvé des Juifs pendant la Shoah.

Voici la présentation du projet :

Et pour en savoir plus, une table ronde est prévue à l’Hôtel de Ville de Paris  ce mercredi 26 pour le lancement des Podcasts « La voix des Justes ».

Lire la suite sur le site d’Akadem :

                                              https://akadem.org/scopefiche.php?ID=138512

Le Journal du Dimanche en faisait hier une très bonne présentation :

                                             https://www.lejdd.fr/Medias/un-podcast-pour-que-la-voix-des-justes-resonne-encore-4142528

 

 

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Si vous l’avez manqué, il y a le replay.

Merci à Sarah, adhérente de notre groupe AJC de Nantes, de nous avoir signalé le documentaire diffusé hier soir sur la 5, intitulé « Simone Veil et ses soeurs« .

Malheureusement c’était tard dans la soirée. Et peut-être l’avez-vous manqué.

Heureusement vous pouvez vous rattraper en visionnant ce documentaire en replay sur la 5.

Ce film bouleversant raconte le destin tragique des soeurs de Simone Veil, dans l’enfer des camps de la mort nazis.

  • Simone Veil et ses soeurs (France 5) : Le récit bouleversant d’une famille décimée par la barbarie nazie

Madeleine dite Milou, Denise et Simone Jacob, la future Simone Veil, vivent une enfance heureuse à Nice avant que la Seconde Guerre mondiale ne brise leur bonheur. A partir de correspondances inédites et de journaux familiaux, ce film, porté par un casting de voix d’acteurs exceptionnels, raconte le destin tragique des soeurs Jacob, l’expérience intime de l’enfer des camps et la vie après…

N’hésitez pas, pour en savoir plus, à visionner sur AKADEM la vidéo de 13 minutes, au sujet de la famille JACOB avant la guerre.

avec Nathalie Cohenécrivaine, Dominique Missikahistorienne, éditrice :

https://akadem.org/magazine/2018-2019/simone-veil-et-ses-soeurs-avec-dominique-missika-05-11-2018-105148_4783.php

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Pour en savoir un peu plus sur la cacherout

Nous relayons bien volontiers une Invitation de notre présidente :

« Chers amis,

Nous vous proposons une belle occasion de mieux connaître et comprendre ce qu’est la cacherout et pourquoi le Judaïsme est si respectueux de cette Loi que lui impose la Torah.

Venez nous retrouver

Jeudi 13 octobre à 18h00   

Centre Culturel André Neher

6, Impasse Copernic à Nantes

Vous aurez l’occasion de voir une vidéo du rabbin Philippe Haddad qui vous apportera une information générale ainsi qu’une réflexion

Cette vidéo sera suivie d’un clin d’oeil théâtral proposé par des membres de la troupe des Mechiguénés (du Centre Culturel André Neher)

Patricia Pincaud, membre de la Communauté de Nantes nous apportera son témoignage de femme  juive attachée à cette pratique de la cacherout. Elle nous dira comment cela se passe au sein d’une famille juive, dans le quotidien…

Venez nombreux et invitez vos amis.

Entrée libre

Si vous avez une activité professionnelle, n’hésitez pas à venir nous rejoindre même en retard !!!!

Amitié à tous »

Maddy

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Dialogue judéo-chrétien – A propos du Calendrier hébraïque

Nous vous proposons un article déjà paru sur ce blog, mais qu’il n’est pas inutile de se remettre en mémoire.

Depuis le Concile Vatican II, les chrétiens, certains en tout cas, ont tendance à penser que le dialogue entre juifs et chrétiens n’avance pas assez vite. Et c’est compréhensible, après tant d’année d’incompréhension et de mépris.

Et pourtant les choses avancent. Qui aurait imaginé il y a quelques années, trouver dans un bulletin paroissial catholique, de Nantes en l’occurence, la présentation des fêtes juives de Tichri et du calendrier des fêtes juives ?

C’était en 2018 à cette même époque. Nous reproduisons ici cet article, avec la permission de l’auteur : le Père Hubert Vallet, qui était à l’époque curé de la paroisse St Jean-Paul II.

« Un autre calendrier

Dans le flot des informations quotidiennes de toutes sortes, nous n’avons peut-être pas su que nos frères juifs, frères aînés dans la foi, viennent de passer quelques jours parmi les plus importants de leur année.

En effet, les juifs – et les chrétiens après eux, quoiqu’un peu différemment – rythment l’année par des fêtes religieuses qui sanctifient le temps.

Dieu adresse à son Peuple des « convocations saintes » pour le rencontrer, pour célébrer au milieu de lui Ses bienfaits et bénédictions. Ce cycle annuel commence toujours en automne ; ainsi, depuis le 21 septembre dernier, date de la nouvelle lune, [10 septembre cette année] nous sommes entrés dans l’an juif 5778 [5779 en 2018] (car les années sont comptées à partir de la date symbolique du début du monde d’après la Genèse). C’était la fête du Nouvel An, Roch haChana (« tête de l’année »). Elle est d’une part l’occasion d’entendre le son du chofar, sorte de trompe faite à partir d’une corne de bélier, qui rappelle le bélier qu’Abraham offrit à la place de son fils ; le juif fidèle écoute les sons alternativement violents, plaintifs et stridents qui le secouent de sa torpeur et l’incitent à la conversion. En effet, cette fête marque d’autre part l’entrée dans dix jours de pénitence, accordés pour se repentir, pour effectuer des démarches de réconciliation, et recevoir le pardon de D.ieu pour être inscrit au « Livre de la Vie » au jour ultime de cette décade : le Yom Kippour (« jour du pardon »).


Juste après commence une autre fête essentielle, la fête de Souccot (cabanes), dont il est par exemple question dans l’Évangile de saint Jean : « Lorsque ses frères furent montés à Jérusalem pour la fête, Jésus y monta lui aussi, non pas ostensiblement, mais en secret » (Jn 7, 10). Avec Pâques et la Pentecôte, Soukkot est l’une des trois fêtes de pèlerinage durant lesquelles, jusqu’en 70 de notre ère, les Juifs montaient à Jérusalem au Temple. Tout comme Pessah et Chavouot, Souccot a, pour les juifs, une signifcation agricole et historique. En tant que fête agricole, elle se célèbre au moment de la récolte d’automne comme fête d’action de grâces pour les bénédictions accordées par la nature pendant l’année écoulée (Ex 23,16 ; Dt 16,13). Sa signification historique apparaît dans la Bible qui l’associe à l’errance des Israélites dans le désert pendant 40 ans sur le chemin de la Terre promise ; pendant ce temps, ils vivaient dans des tentes ou cabanes. C’est pourquoi, lors des jours de Souccot, les juifs conservent l’habitude de dresser des cabanes et d’y passer de vrais séjours (Lv 23,42-43).
M
ais cette fête, comme chaque fête juive, est également orientée vers l’accomplissement de toutes les prophéties, parce que la joie de la récolte et la joie de l’entrée en Terre Promise trouvent leur sens ultime dans la joie parfaite de vivre selon la Torah, Loi de Dieu pour les hommes. L’accueil du Don de Dieu est la plus grande joie, marquée chez les juifs par la fête de Shimhat Torah (« joie de la Torah »), cette année le 13 octobre [2 octobre en 2018].
E
n souhaitant, avec quelques jours de  retard, une excellente année à nos frères juifs, laissons-nous guider, comme eux, par la Parole vivante de Dieu, qui vient habiter en nous. »
hubert.vallet@gmail.com

Hubert Vallet, initialement prêtre du diocèse de Paris, et ayant enseigné la théologie des sacrements à la faculté Notre-dame et à l’Ecole Cathédrale de Paris, après avoir été Curé de la paroisse St Jean-Paul II de Nantes, est actuellement responsable de la paroisse St Clément..  Il est par ailleurs responsable du Service de Formation du Diocèse de Nantes, et membre de l’Amitié Judéo-Chrétienne de Nantes.Vous pouvez retrouver ce texte sur le Bulletin de la Paroisse St Jean-Paul II de Nantes, à l’adresse : http://www.saintjeanpaul2.fr

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A ne pas manquer : Kippour, le Jour du Grand Pardon

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YOM KIPPOUR

Yom Kippour, dans le Judaïsme, est le jour de la repentance par excellence,

considéré comme étant le jour le plus saint

et le plus solennel de l’année juive.

Son thème central est le pardon et la réconciliation.

C’est le dixième des jours de pénitence

commencés avec Roch haChana.

Cette année Yom Kippour se célèbre

mercredi 05 octobre  2022 (5783)

(mais, comme toutes les fêtes juives,

Kippour commence la veille au soir.)

assemblee kippour

Par les résolutions de nos coeurs de réparer le mal commis,

de regretter sincèrement nos mauvaises actions

et de décider fermement de nous amender,

D.ieu consent encore et toujours à nous accorder son pardon.

Les textes rabbiniques précisent que Yom Kippour permet à l’homme

d’expier ses péchés contre Dieu,

mais pas vis-à-vis de son prochain.

C’est pourquoi, chacun s’engage

à résoudre les conflits et disputes au plus tard la veille du jeûne,

afin de pouvoir chanter avec de bonnes intentions

le « Kol Nidré » qui commence l’office de Kippour.

Kippour n’a de sens, disent les Sages,

que dans la mesure où un homme

s’est réconcilié avec son prochain.

On observe en ce jour un jeûne de 25 heures,

du coucher du soleil à l’apparition de trois étoiles le lendemain,

au cours duquel on prie avec une ferveur toute particulière.

Ce jeûne, contrairement aux autres jeûnes,

est le seul à avoir préséance sur le Shabbat.

Donc, lorsque Kippour tombe un Shabbat,

on jeûnera quand même.

Chofars Kippour

(le son du chofar, surtout associé à Roch haChana, marque aussi la fin du jeûne solennel de Kippour)

« Le verbe k.p.r signifie « couvrir ».

Nous le rencontrons la première fois

lorsque l’Eternel demande à Noé à propos de l’arche :

« Tu la recouvriras à l’intérieur et à l’extérieur par de la poix. » (Gn 6,14).

Parmi les éléments du sanctuaire portatif du désert,

la Bible fait mention du kaporeth, traduit par « propitiatoire »

qui était le couvercle posé sur l’Arche d’Alliance

qui contenait les Tables de la loi (Ex 25,17).

Kippour est lié au recouvrement,

comme lorsqu’on parle du recouvrement d’une dette;

Le concept de recouvrement implique ainsi un acte positif

de rassemblement de souvenirs à effacer et de conduites à corriger

plutôt qu’une simple occultation liée à l’oubli.

Seul le travail de mémoire peut engendrer l’expiation,

et donc la revirginisation de la conscience morale

et de la ferveur religieuse. »

(Ph. Haddad : « Pour expliquer le judaïsme à mes amis » pp. 127-128)

Pour approfondir

    Le site de l’AJCF nationale propose toute une page autour du Kol Nidré (tous les voeux), une des prières les plus populaires de la liturgie juive : 

http://www.ajcf.fr/Yom-Kippour-3203.html

Akadem, le campus numérique juif ne manque pas de conférences qui vous aideront

à retrouver le sens de ce rendez-vous annuel ou à en découvrir la signification :

En voici une, de Claude Riveline : A’harei Mot : de Kipour à Pessa’h

et une autre de Tamar Schwartz : Yom Kippour, qui pardonne quoi ?

A ne pas manquer surtout cet excellent article de RCF (Radio chrétienne francophone) qui nous fait entrer à la fois dans la fête de Kippour et nous invite à y regarder de plus près comme chrétiens.

https://www.rcf.fr/articles/vie-spirituelle/yom-kippour-le-jour-du-grand-pardon-quel-heritage-chez-les-chretiens

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