Un homélie pascale toute en profondeur

L’homélie  pascale prononcée au Saint-Sépulcre  en cette nuit de Pâques par le cardinal Pierbattista PIZZABALLA, patriarche latin de Jérusalem, mérite vraiment toute notre attention et notre méditation. Une approche originale du mystère de Pâques : un vide, une  rupture, mais en même temps une annonce. « Nous ne savons pas où ils l’ont mis, nous ne savons pas »… « Parce qu’il est ressuscité, nous ne le trouverons jamais là où nous l’avions mis. Nous le retrouverons devant nous, qui nous appelle à sortir ».

 Nous vous proposons le texte intégral de l’homélie sur le site du Patriarcat de Jérusalem, que nous vous invitons à découvrir : lpj.orhttps://lpj.org/fr/news/easter-sunday-homilyg/fr/news/easter-sunday-homily

 

Homélie Pascale de la Résurrection 

Jérusalem, Saint Sépulcre, 5 avril 2026 

Ac 10,34.37-43 ; Col 3,1-4 ; Jn 20,1-9 

« Frères et sœurs, 

Ici, dans ce Sépulcre, nous ne sommes pas devant un symbole : nous sommes devant un vide réel. Un vide qui n’est pas une absence, mais une annonce. Un vide qui ne nous laisse pas tranquilles, car il nous arrache ce que nous voudrions retenir. Pâques commence ainsi : non pas par une explication, mais par une rupture. Non pas par une émotion, mais par une question qui nous désoriente. 

L’Évangile d’aujourd’hui nous met tout de suite en mouvement. Marie de Magdala arrive « de bonne heure », alors qu’il fait encore nuit. Elle se rend à l’endroit où elle pense trouver Jésus. C’est un geste plein d’amour, mais aussi plein d’habitude : elle cherche là où elle l’avait laissé, là où la mort l’avait placé. Et elle trouve la pierre roulée, le tombeau ouvert, et surtout, elle ne trouve pas le corps. Et alors elle prononce cette phrase qui est, au fond, le premier mot de toute foi véritable : « Nous ne savons pas… » (Jn 20, 2). Nous ne savons pas où ils l’ont mis. Nous ne savons pas. 

Voici la première provocation pascale, ici, dans le lieu le plus saint et le plus fragile de notre mémoire : Dieu ne se laisse pas posséder. Le Ressuscité n’est pas là où nous l’avions mis. Il n’est pas là où nos certitudes l’avaient installé. Le Ressuscité nous précède. Telle est l’idée forte de Pâques : ce n’est pas nous qui gardons Dieu ; c’est Dieu qui nous libère. 

Nous, au contraire, nous voudrions une foi qui ne bouleverse pas. Nous voudrions trouver Jésus « à sa place » : dans nos images, nos formules, nos schémas religieux qui deviennent parfois des cages, dans nos nostalgies. Et pourtant, à Pâques, Dieu fait une chose que nous n’avions pas demandée : il se soustrait. Non pas pour fuir, mais pour nous sauver d’un malentendu : que la foi soit quelque chose à posséder, un contrôle, une preuve dans notre poche. 

C’est pour cela que Marie court. C’est pour cela que Pierre et l’autre disciple courent. La foi, lorsqu’elle est authentique, n’est jamais immobile. C’est une course à la poursuite d’une absence qui devient une promesse. Ils entrent dans le tombeau et voient des signes : les linges, le suaire, tout est déposé avec soin. Ce n’est pas un détail secondaire. Ce n’est pas un décor. La mort n’est plus un vêtement qui recouvre, mais un habit qui a été rangé avec soin, sans qu’il soit plus nécessaire de le porter. C’est comme si l’Évangile nous disait : regardez bien, car la Résurrection n’est pas de la magie. C’est une liberté nouvelle. Jésus n’a pas été traîné dehors : il est sorti. La mort, pour Lui, n’est plus une prison : c’est un vêtement laissé là, plié, inutile. 

Et ici, dans le Saint-Sépulcre, cela nous parle aussi avec force. Il y a des pierres qui ferment la vie. Il y a des « définitifs » que nous prononçons trop vite : définitif est l’échec, définitive est la blessure, définitive est la faute, la peur, la haine, la solitude. Et pourtant, dans le récit pascal, la pierre n’est pas seulement un objet : c’est le symbole de tout ce que nous considérons comme fermé, sans issue. Et Pâques dit : ce n’est pas le cas. 

Pâques ne nous promet pas une vie « facile ». Pâques nous promet une vie ouverte. Et pour l’ouvrir, Dieu doit souvent d’abord nous priver de certaines certitudes. C’est pourquoi la Résurrection, avant de consoler, trouble. Avant de remplir, elle vide. Avant de donner, elle enlève. Elle enlève l’idée d’un Dieu apprivoisé. Elle enlève une religion qui n’est qu’habitude. Elle enlève une espérance qui ne risque rien. 

Et alors on comprend la parole de Paul aux Colossiens : « recherchez les réalités d’en haut » (Col 3,1). Cela ne signifie pas fuir la terre. Cela ne signifie pas fermer les yeux sur la douleur du monde. Cela signifie plutôt changer d’orientation : cesser de vivre le regard rivé sur les tombes – y compris les tombes intérieures – et apprendre à vivre en ressuscités. « Votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu » (Col 3, 3) : c’est-à-dire que votre vie n’est pas définie par vos péchés, ni par vos peurs, ni par vos défaites. Elle est gardée ailleurs, avec le Ressuscité, en Dieu. Et c’est précisément pour cela qu’elle peut s’ouvrir à nouveau, ici, maintenant. 

Et la première lecture, tirée des Actes des Apôtres, nous donne elle aussi une autre clé décisive : Pierre annonce que Jésus est passé en faisant le bien, qu’il a été mis à mort et que Dieu l’a ressuscité ; et il ajoute que cette nouvelle s’adresse à tous, sans distinction : « Dieu est impartial » (Ac 10, 34). Aucun peuple, aucune langue, aucune histoire n’est exclue de cette espérance. Si la mort a été vaincue, alors aucune vie n’est « trop perdue » pour être recherchée. Pâques est universelle parce qu’elle naît dans un lieu précis, concret, réel – ici – et c’est précisément pour cela qu’elle peut atteindre concrètement et réellement le monde entier. 

Suivent deux paragraphes en italien, dont voici la traduction :

Ce n’est pas une pensée abstraite. Nous nous tenons à l’endroit même où la pierre a été roulée, mais nous savons bien qu’autour de nous, trop de pierres restent scellées. Trop de tombeaux ont été creusés de nouveau par la haine, la violence et la vengeance. En cette Terre Sainte, berceau de la foi et terre d’affrontements incessants, la question résonne avec une force dramatique : « Où l’avez-vous mis ? » Car il semble que nous remettions le Seigneur dans un tombeau, chaque fois que nous croyons que la mort a le dernier mot sur l’histoire, chaque fois que nous nous soumettons à la logique de l’ennemi, chaque fois que nous qualifions la « paix » de simple trêve armée et la « justice » de simple calcul des dégâts.

Mais Pâques nous dit : le Ressuscité n’est pas prisonnier de nos stratégies de survie. Il n’est pas prisonnier de notre raisonnement ni de nos peurs. Il est déjà sorti, et il nous précède. Il nous précède par le courage de recommencer, par la reconnaissance du visage de l’autre, par le désarmement du cœur avant même que les mains ne s’abattent sur nous. Alors que les voix de la mort s’élèvent encore autour de nous, nous n’avons d’autre arme que ce tombeau vide : proclamer que rien n’est définitif, que le dernier mot n’appartient pas à celui qui ensevelit, mais à celui qui ressuscite. Le Seigneur est ressuscité : et ce n’est pas un dogme lointain, mais un refus de la résignation. C’est le seul espoir qui puisse encore ouvrir, ici et maintenant, les portes de la paix.

 

Non è un pensiero astratto. Noi siamo nel luogo dove la pietra è stata rotolata via, ma sappiamo bene che intorno a noi troppe pietre sono ancora chiuse. Troppe tombe sono state scavate di nuovo dall’odio, dalla violenza, dalla ritorsione. In questa Terra Santa, che è madre di fede e che è diventata anche terra di continui confronti, risuona con forza drammatica la domanda: “Dove lo avete posto?” Perché sembra che abbiamo rimesso il Signore in un sepolcro, ogni volta che crediamo che la morte abbia l’ultima parola sulla storia, ogni volta che ci rassegniamo alla logica del nemico, ogni volta che chiamiamo “pace” soltanto una tregua armata e “giustizia” soltanto il calcolo del danno. 

Ma la Pasqua ci dice: il Risorto non sta dentro le nostre strategie di sopravvivenza. Non è prigioniero né delle nostre ragioni né delle nostre paure. Egli è già uscito, e ci precede. Ci precede nel coraggio di ricominciare, nel riconoscere il volto dell’altro, nel disarmare il cuore prima ancora che le mani. E allora, mentre qui intorno a noi si levano ancora voci di morte, noi non abbiamo altra arma che questo sepolcro vuoto: per annunciare che nulla è definitivo, che l’ultima parola non appartiene a chi seppellisce, ma a chi risorge. Il Signore è risorto: e questo non è un dogma lontano, ma una disobbedienza alla rassegnazione. È l’unica speranza che può ancora aprire, qui e ora, le porte della pace. 

Et voici la deuxième provocation pascale : le Ressuscité n’est pas un objet de culte ; c’est un sujet qui appelle. On ne se contente pas de le contempler : on le suit. On ne le retient pas : on le laisse nous précéder. Marie aussi devra l’apprendre. Les disciples aussi devront l’apprendre. Et nous aujourd’hui, qui sommes ici, dans le lieu le plus chargé de mémoire chrétienne, nous devons l’apprendre avec une humilité particulière : même les lieux saints peuvent devenir un musée s’ils ne deviennent pas un exode ; la liturgie peut devenir répétition si elle ne devient pas conversion ; et la foi peut devenir correcte mais stérile si elle ne devient pas courageuse. 

C’est pourquoi, aujourd’hui, dans le Saint-Sépulcre de Jérusalem, je voudrais me rappeler une seule phrase : le Ressuscité n’est pas là où nous l’avions mis : il nous précède. 

Il nous précède lorsqu’il nous appelle à sortir de nos tombeaux : non seulement ceux de la mort physique, mais aussi ceux de la résignation, du cynisme, de l’indifférence. Il nous précède lorsqu’il nous invite à cesser de définir les personnes par leurs erreurs, l’histoire uniquement par sa douleur, ou nous-mêmes par nos péchés. Il nous précède quand, au lieu de nous donner une réponse toute faite, il nous met en chemin. 

Et alors nous comprenons aussi le sens des signes : la pierre roulée, les linges repliés, le tombeau ouvert. Ils sont comme un message laissé exprès pour nous : la vie ne peut plus être enfermée. Il ne s’agit pas de « regarder le ciel » pour s’évader de la terre, mais de regarder la terre avec des yeux nouveaux, avec le regard de celui qui a compris que le dernier mot n’est pas « fin », mais « commencement ». 

Pâques n’est pas une phrase à répéter ; c’est une porte à franchir. La pierre a été enlevée. Le passage est ouvert. Mais c’est à nous de décider si nous voulons rester à l’intérieur ou sortir. 

Sortir signifie, concrètement : choisir le pardon alors qu’il serait plus facile de se refermer sur soi-même ; choisir la vérité alors qu’il serait plus commode de s’adapter ; choisir l’espérance alors que tout semble indiquer le contraire ; choisir de faire le bien, comme Jésus « est passé en faisant le bien », même si cela ne fait pas de bruit, même si cela ne confère aucun prestige. 

Car tel est le jugement de la Résurrection sur nous : elle ne nous demande pas si nous savons parler de Pâques ; elle nous demande si nous vivons comme des ressuscités. Elle ne nous demande pas si nous avons les mots justes, mais si nous avons un cœur en mouvement. Elle ne nous demande pas si nous savons trouver Dieu uniquement dans les lieux sacrés, mais si nous savons le reconnaître vivant dans les signes concrets de la vie, là où la vie et la mort se croisent chaque jour. 

Et alors, une fois encore, ici, au Saint-Sépulcre, à l’endroit où l’histoire a changé de cap, nous ne prononçons pas une phrase de circonstance. Nous prononçons une décision. Nous prononçons une annonce qui nous dépasse et nous précède : Le Seigneur est ressuscité ! 

Et précisément parce qu’il est ressuscité, nous ne le trouverons jamais là où nous l’avions mis. Nous le trouverons devant nous, qui nous appelle à sortir. 

Joyeuses Pâques ! 

† Pierbattista Card. Pizzaballa
Patriarche latin de Jérusalem

Share Button

Un très beau message de Pessa’h-Pâques

Nous avons reçu un très beau message de Pessa’h-Pâques, pour nos amis juifs et chrétiens, de la part de Maddy Verdon, précédemment présidente du groupe de Nantes de l’Amitié  Judéo-Chrétienne et toujours Secrétaire générale honoraire de l’AJCF nationale.

Nous vous le transmettons bien volontiers.

« Chers amis,

Au cours du Seder pascal prochain,(premier jour  de Pessa’h demain 2 avril)

comme tous les ans, toutes les familles juives vont redire le psaume 117

      Louez l’Eternel tous les peuples,

      Louez-le, toutes les nations

      Car ses bienfaits nous ont submergés,

      Et à jamais, est Eternelle à Dieu, Ta vérité 

Puis les chrétiens, peu de temps après, lors de la Veillée pascale,(nuit du 4 au 5 v*avril) chanteront les paroles du psaume 118

      Célébrez le Seigneur car il est bon,

      Et sa fidélité est pour toujours.

     Qu’Israël le redise

     Sa fidélité est pour toujours !

Le psalmiste rappelle, dans ses méditations, que Dieu accorde sa bonté à tous les peuples, à toutes les nations. Mais c’est aussi un Dieu fidèle, fidèle à son alliance, un Dieu qui a libéré son peuple de l’esclavage et qui en a fait une nation.

Sa fidélité est pour toujours et ne revient jamais en arrière comme l’affirme Saint Paul, dans son épitre aux Romains. Nous les chrétiens, notre libération nous vient de Jésus qui est venu témoigner de l’amour infini de Dieu…

La Communauté juive souffre actuellement d’un antisémitisme grandissant et odieux.

La guerre est en Israël. Nous nous devons d’être engagés aux côtés de nos frères juifs et de les assurer de notre fidélité en ces temps troublés et difficiles pour nombre d’entre eux. Mais il nous faut aussi penser à la souffrance et au malheur de toutes les victimes des guerres qui ont lieu actuellement au Moyen Orient…

Cependant, que la joie de la libération, la joie pascale, nous inonde, qu’elle nous apporte aux uns et aux autres une même espérance dans ce Dieu d’amour et de fidélité !

Nous savons que Dieu nous aime tous. Laissons cette certitude éclairer nos fêtes de Pessah et de Pâques.

L’évangéliste Luc rapporte cette parole de Jésus « Priez toujours et ne perdez pas courage »

Belles fêtes à tous ainsi qu’à vos familles !

Maddy »

.

Share Button

La grande Semaine de Pessa’h à Pâques

Comme chaque année,  c’est un grand moment que nous sommes invités à vivre dans chacune de nos communautés : Pessa’h pour nos frères juifs – et la Semaine Sainte des chrétiens qui culmine à la fête de Pâques.

Petite particularité cette année, à cause d’une petite  différence de calendriers,  juifs et chrétiens célébreront la fête la plus importante de leur culte à une semaine d’intervalle,  Pessa’h ayant lieu jeudi 2 avril (premier seder de Pessa’h la veille mercredi 1/4) . Mais comme la fête dure 8 jours, elle coincide avec  la Semaine sainte des chrétiens, qui culmine au dimanche de Pâques 5 avril.

Pessa’h (la Pâque en hébreu), est une des trois fêtes de pèlerinage du calendrier juif. Elle début le 15ème jour du mois de nisan (début la veille au soir 14 nisan) et se poursuit sept jours durant en Israël et huit en Diaspora.

Célébration cette année du jeudi 2 avril au jeudi 9 avril 2026, avec un premier seder dès mercredi soir,  Nous sommes donc en plein dans la Semaine Sainte des chrétiens, qui trouvera son couronnement le dimanche de Pâques 5 avril. (Il est intéressant de noter que cette année nous nous trouvons dans une configuration des deux fêtes proche de celle qu’ont dû vivre Jésus et ses apôtres, membres de la communauté juive de leur temps.)

Pour vous présenter cette fête de Pessa’h, il est bon d’entrer dans le texte de Dominique de La Maisonneuve, prix AJCF 2012 avec Louise-Marie Niesz, dans son ouvrage : « Le Judaïsme », aux éditions de l’Atelier (p. 113-114) :

« Selon la Torah, la Pâque doit toujours avoir lieu au printemps, le quatorze du mois de Nisan (Ex 12,6) mois de la sortie d’Egypte (Ex 23,15) : « Observe le mois d’Abib (des épis, en cananéen, le premier mois de l’année, c’est-à-dire Nisan) et célèbre la Pâque pour le Seigneur, ton Dieu » (Dt 16,1). Pour permettre ce rythme annuel avec des mois lunaires, on en ajoutait tous les deux ou trois ans, un treizième aux douze des années habituelles.

Aux temps bibliques, les nomades fêtaient, à cette saison, deux événements concomitants : l’un agricole, le début de la moisson d’orge; l’autre pastoral, le sacrifice d’un agneau consommé en famille.

Sur ces réalités significatives du renouveau de la nature, la tradition biblique va greffer un événement historique : la sortie d’Egypte. C’est un événement capital, fondateur du peuple, car il le fait passer – Pâque- Pessah – passage – de la servitude à la liberté. [Pessa’h indique aussi le fait que l’ange exterminateur soit passé par-dessus les portes des israélites marquées du sang de l’agneau. (Ex 12,13. 26-27) NDLR ].  Comme le printemps, c’est le retour à la vie après la mort de l’esclavage, un renouveau opéré par Dieu lui-même, désormais Sauveur pour son peuple : « C’est moi le Seigneur, ton Dieu qui-t’ai-fait-sortir-du-pays-d’Egypte » ((Ex 20,2).

Bien qu’il y ait un office synagogal propre à Pessah, le rite principal se déroule autour de la table familiale. A la tombée de la nuit, le Seder – repas rituel – rassemble la famille et souvent bon nombre d’amis. Ce repas se déroule selon un certain ordre, c’est le sens du mot seder, véritable liturgie dont le développement est consigné dans la Haggadah – récit – de Pessah. Il commence par une question posée par l’enfant le plus jeune, dès qu’il est en âge de questionner : « Qu’il a-t-il de particulier ce soir ? » En effet, dans un décor festif, il découvre sur la table des ingrédients inhabituels. Entre autres, des pains non levés – matsot – qui rappellent la hâte avec laquelle il avait fallu prendre ce repas (Ex 12,11) ; des herbes amères, comme le goût que l’on conserve de la servitude d’Egypte ; un mélange de pommes et de noix pilées pour représenter le mortier que les enfants d’Israël furent condamnés à fabriquer ; de l’eau salée symbolisant les larmes qu’arrache l’énumération des plaies d’Egypte. On ne peut se réjouir de la mort de ses ennemis…

Cette question posée par l’enfant : « Que se passe-t-il donc ce soir ? » donne l’occasion au père de famille, ou à un autre adulte, de faire mémoire du récit biblique, enrichi des commentaires de la tradition orale sur la servitude d’Egypte et la libération du peuple par Dieu.

On chante les psaumes du Hallel – louange – (Psaumes 113 à 118) ; on souhaite de se retrouver : « L’an prochain à Jérusalem« , évoquant par là l’impatiente attente du Messie. Des cinq coupes de vin rituelles, la cinquième reste pleine pour le ‘prophète Elie’ qui, selon la tradition, reviendra avec le Messie.

Parce qu’elle a donné naissance au peuple, cette libération en est l’événement fondateur. Elle demeure le symbole de toutes les libérations, de tous les saluts, passés et à venir, que Dieu ne cesse d’accorder à chacun : « Chaque juif doit se considérer comme s’il était lui-même, aujourd’hui, sorti d’Egypte » (Mishnah de Pessah 10,5) »         « Le Judaïsme », p. 113-114

Comment ne pas voir le lien avec la fête chrétienne de Pâques ?

Après tous les événements de la Semaine Sainte, qui commence avec le dimanche des Rameaux et de la Passion, ce 5 avril  2026,  événements qui eurent lieu au début de notre ère dans le cadre de la célébration de la Pâque juive, la fête de Pâques célèbre la résurrection du Christ, sa victoire sur la mort qui est l’élément central de la foi chrétienne. En même temps elle nous fait participer à sa résurrection en célébrant notre passage de la mort à la vie. C’est la bonne nouvelle de la victoire de la vie. Pâques est une fête que l’on célèbre dans une joie communicative. « Ce jour que fit le Seigneur est un jour de joie, Alléluia ».

p

Pour en savoir plus : sur le site du Collège des Bernardins, une explication (texte et video, un peu longue mais très  documentée et éclairante) de Sylvaine Lacout, docteur en théologie, maître de Conférences en Écriture Sainte ) : « Pâque juive et Pâques chrétiennes »   ICI

Pourquoi un « s » au mot Pâques : allez donc voir ici .

Cette année Pâques est donc célébré le dimanche 5 avril, par les Catholiques et les Protestants mais  également le 12 avril par les Orthodoxes (divergence une fois de plus entre les calendriers julien et grégorien).

Vous fréquenterez certainement aussi avec profit le campus numérique juif Akadem, qui vous propose des tas de possibilités d’information et de formation. Ne manquez pas surtout cet échange entre Ruben Honigmann, journaliste, et Antoine Guggenheim, docteur en théologie, sur le thème : « Comment Pessa’h est devenu Pâques : le Seder au temps de Jésus ». A voir ici.

Hag Pessa’h saméah – Joyeuses fêtes de Pâques

Share Button

Journée nationale contre l’antisémitisme 2026

Comme chaque année maintenant, l’Amitié judéo-chrétienne groupe de Nantes s’apprête à honorer la journée nationale de lutte contre l’antisémitisme créée à l’initiative de l’AJCF nationale.

Pour nous ce sera  le dimanche 15 mars à partir de 15 h.

Cette cause qui est la nôtre est, hélas, plus que jamais d’actualité.

Aussi, nous vous espérons très nombreux

le dimanche 15 mars à 15 h 

 CCAN, Centre culturel André Néher,

6 impasse Copernic à    Nantes

1 – Nous écouterons la conférence de Jonas Pardo, créateur et animateur de formations à la lutte contre l’antisémitisme. A cette occasion vous pourrez acheter son livre

« Petit manuel de lutte contre l’antisémitisme »

         Nous partagerons ensuite  une collation chaleureuse et amicale.

2 – Puis nous regarderons ensemble le film

« La plus précieuse des marchandises » (de Michel Hazanavicius – 2024)

Participation unique aux frais   : 10 euros

Share Button

Fête de Pourim

POURIM 2026

Après les grandes  fêtes d’automne, Roch Hachana, Kippour et Soucot  et avant la non moins grande fête de Pessah,
à la pleine lune de printemps, 

deux fêtes joyeuses rappellent aux communautés juives
d’importants événements de leur histoire :

C’était, en décembre, les lumières de Hanoucah,

rappel du miracle d’huile lors de l’inauguration
du Temple profané par les Grecs.

Aujourd’hui c’est la fête de Pourim.

De quoi s’agit-il à Pourim ?

A Pourim, il s’agit, comme à Hanoucah
de commémoration et d’action de grâce.

Cela se  passait  en Perse ( Tiens : l’Iran déjà !) vers le milieu du 5ème siècle  avant notre ère.  Des juifs y étaient déportés.

Une jeune Juive, parmi les déportés, devint reine de Perse :
Esther, dont le nom signifie : « caché ».

Et le grand vizir, Haman, essayait
d’éliminer les juifs du royaume. Cela ne vous rappelle rien dans l’actualité de cette semaine ?

Haman dit au roi : « Il y a un peuple particulier,
dispersé et séparé au milieu des peuples  
dans toutes les provinces du royaume… 
Leurs lois sont différentes de celles de tout peuple… 
Le roi n’a pas intérêt à les laisser tranquilles » (Est 3,8).

Haman obtint du roi Assuérus un décret lui permettant de réaliser son plan de destruction.

Le roi Assuérus ne savait pas qu’Esther, sa jeune épouse, était juive.

Le mot POURIM dont le sens est « tiré au sort » fait référence aux dés lancés par Haman pour fixer
la date propice au massacre qu’il fomentait (Est 3, 7-17).

La reine Esther, avertie par son oncle Mardochée, du dessein d’Haman, se tourna vers D.,
elle pria, fit prier ; elle jeûna, elle fit jeûner ;
elle osa enfin aller trouver le roi… Un plan mûrit en elle…

Les péripéties de cette histoire tirée de la Bible sont écrites dans « le rouleau d’Esther ».

Il est lu  intégralement le jour de la fête.* Lisons-le aussi et retenons que le destin que Haman
a prévu pour les Juifs retombera sur lui…

Nous approfondirons ainsi le sens de la présence juive au sein des nations.

Nous comprendrons mieux la joie de POURIM.

A POURIM, en effet, c’est la joie : on se déguise, on mime, on festoie.

Mais cette fête nous rappelle aussi que l’antisionisme est toujours là, présent, parfois caché sous les termes d’antisionisme, visant la destruction d’Israël. Les événements actuels au Proche et Moyen-Orient nous rappellent que Haman  ressurgit encore derrière Amalek, l’ennemi irréductible. Au fait, Amalek est-il vraiment vaincu ?

En célébrant POURIM les Juifs renouvellent l’affirmation de leur foi en D.

Ils fêtent leur salut, leur victoire sur l’ennemi :
Haman, archétype de l’antisémite.

La fête de POURIM est célébrée le 14 Adar du calendrier juif,
soit, cette année 2026, le 3 mars.

avec la commémoration du jeûne d’Esther dès lundi 2 mars.

Vous pouvez en savoir davantage en lisant l’article paru sur le site du Service National pour les relations avec le judaïsme (SNRJ).

https://relationsjudaisme.catholique.fr/judaisme-vivant-aujourdhui/les-fetes/279-pourim/

N’hésitez pas à lire sur le site de l’AJCF l’article d’Anne-Marie Dreyfus sur Pourim :

https://www.ajcf.fr/La-fete-de-Pourim-AM-Dreyfus.html

Nous souhaitons

une joyeuse fête de Pourim (Hag Pourim Saméakh)
à tous nos amis
de la Communauté juive.

,*

et beaucoup de courage en ces temps difficiles  une fois de plus.

  *  Racine, au XVIIème siècle en a fait l’objet d’une de ses tragédies.

Share Button

Une conférence à ne pas manquer

L’AJCF groupe de Nantes a le plaisir de vous informer de la venue du rabbin Yeshaya Dalsace 

le dimanche 23 novembre prochain

dans les locaux du CCAN (6 impasse Copernic à Nantes)

de 17.30 à 19.00 (environ)

pour sa conférence sur

« l’Éthique juive »

Entrée: 8 euros (tarif adhérent) – 10 euros (tarif non adhérent)

En préambule, quelques mots sur le rabbin Yeshaya Dalsace

Certains d’entre vous le connaissent déjà car il est venu nous faire deux ou trois conférences dont l’une sur l’écologie, thème qu’il a étudié pour sa thèse de rabbin. D’autres le découvriront.

Le rabbin Dalsace est Massorti (conservative pour les Anglophones), c’est-à-dire qu’il n’est ni juif du Consistoire ni libéral, mais entre ces deux mouvements. 

Les massortis revendiquent une Halakha évolutive, adaptée aux contraintes de la vie moderne, tout en conservant un cadre traditionnel notamment quant au culte (massora en hébreu signifie tradition). 

Rivon Krigier, rabbin et spécialiste de St Paul, est aussi Massorti. 

Dimanche prochain, le Rabbin Dalsace traitera de l’éthique juive, sujet tellement actuel dans les temps que nous vivons.

C’est un moment tout à fait exceptionnel que nous vous proposons et nous vous attendons nombreux, dimanche prochain.

Share Button

Deux infos qui font du bien…

Le site Internet ZENIT, qui s’intitule lui-même « Le monde vu de Rome », est toujours à l’affût de ce qui se passe dans le monde et dans l’Eglise universelle Il nous livre souvent des infos qui sont en rapport avec nos préoccupations judéo-chrétiennes.

Ainsi le 31 octobre c’est la visite de l’ambassadeur d’Israël au Vatican qui est mise en avant sur le site de ZENIT.

L’ambassadeur d’Israël au Vatican salue le rôle des papes dans la fin de la guerre de Gaza .

« Yaron Sideman met en avant la diplomatie spirituelle et la prière aux côtés des actions politiques.

À Rome, près de deux ans après la funeste matinée du 7 octobre 2023, l’ambassadeur d’Israël auprès du Saint-Siège, Yaron Sideman, s’est adressé à des diplomates, des ecclésiastiques et des survivants pour commémorer un événement que peu croyaient possible : la fin de la guerre de Gaza et le retour à la maison de tous les otages survivants. La contribution spirituelle des papes Lors de la cérémonie commémorative organisée par l’ambassade d’Israël le 23 octobre, Sideman a évoqué la prière, le courage moral et la diplomatie discrète qui ont contribué à ouvrir des voies vers la paix. « L’accord qui a permis le retour de tous les otages restants et mis fin à la guerre n’aurait pas été possible sans la pression d’Israël sur le Hamas, sans le leadership et l’engagement du président Donald Trump, mais a été possible aussi grâce aux puissantes prières et gestes d’unité du pape François et du pape Léon XIV. » Il s’agissait d’une reconnaissance rare de la part d’un diplomate israélien — un geste qui a jeté un pont entre le politique et le spirituel.« 

Pour lire la suite : https://fr.zenit.org/2025/10/31/lambassadeur-disrael-au-vatican-salue-le-role-des-papes-dans-la-fin-de-la-guerre-de-gaza

Un autre article a aussi retenu notre attention :

Le Congrès juif mondial salue la ferme condamnation du pape Léon XIV contre l’antisémitisme

« Le Congrès juif mondial a accueilli favorablement les déclarations du pape Léon XIV, qui a condamné sans équivoque l’antisémitisme lors de l’audience générale du mercredi 29 octobre au Vatican. S’adressant à des milliers de fidèles, le pape a déclaré : « Tous mes prédécesseurs ont condamné l’antisémitisme avec des paroles claires », avant d’ajouter : « Moi aussi, je confirme que l’Église ne tolère pas l’antisémitisme et qu’elle lutte contre lui, sur la base même de l’Évangile. » Le président du Congrès juif mondial, Ronald S. Lauder, a salué ce message du pape, le qualifiant de « geste extraordinairement positif et profondément significatif ». Il a ajouté : « À un moment où les juifs sont confrontés à la plus grande persécution depuis la Seconde Guerre mondiale, le message du pape a une profonde signification fraternelle. Des gestes comme celui-ci nous encouragent à renforcer les liens entre juifs et catholiques, et à œuvrer ensemble pour un monde où les religions coexistent davantage, dans la recherche de la paix. »

La déclaration du pape intervient alors que l’Église catholique commémore le 60ᵉ anniversaire de Nostra Aetate, la déclaration historique du Concile Vatican II qui a transformé les relations judéo-catholiques et établi les fondements du respect mutuel et du dialogue.

Le Congrès juif mondial (CJM) est l’organisation internationale qui représente les communautés juives de 100 pays auprès des gouvernements, des parlements et des organisations internationales.« 

Vous pouvez retrouver ces articles sur le site de ZENIT.org . n’hésitez pas à vous y rendre.

Share Button

Pilpoul, quesaco ?

L’AJC a le grand plaisir de vous proposer un exercice peu ou pas connu pour beaucoup d’entre nous, le PILPOUL !

Il s’agit de l’art de discuter, de débattre avec animation, d’argumenter, discussion subtile pratiquée dans les écoles talmudiques.

Il y aura 2 épisodes à cet exercice, en novembre d’abord, puis en mars 2026.

Le 1er « round »…..le

mercredi 19 novembre à 15h,

salle Chantelle, au pôle associatif Désiré Colombe

8 rue Arsène Leloup – 44100 NANTES

Pour cela, vous trouverez, ci-dessous, les 2 textes qui feront l’objet de cet échange qui sera, à n’en pas douter, aussi animé qu’amical !

Pour plus d’infos, vous pouvez vous adresser à Marie-Paule LEMARIÉ 06 64 50 00 19

Share Button

Une superbe fête joyeuse : Sim’hat Tora !

Pour nos amis juifs, c’est la fin du cycle de lecture de la Tora et le début d’un nouveau cycle, dans le contexte du retour tant attendu en Israël des derniers otages vivants : C’est vraiment la joie et c’est d’abord la fête de la Tora, ou plus exactement la fête de « la joie de la Tora«  :

Sim’hat Tora.

Cette fête a lieu le 23 Tichri, qui correspond cette année 2025 au

mercredi 15 octobre (début de la fête : mardi soir)

Cette fête vient comme en conclusion de la fête de Souccot. Elle n’est pas d’origine biblique. Elle ne vient pas non plus du Talmud. Elle est liée, en fait, au cycle des lectures de la Tora. Elle est apparue vraisemblablement au IXème siècle. Sim’hat Tora clôture le cycle annuel de lecture de la Tora.

Au cours de cette fête, on remercie D.ieu pour le don de la Tora, au moment où recommence le nouveau cycle de lecture. Sim’hat Tora se caractérise par un office en soirée et le lendemain matin particulièrement joyeux.

Après avoir enchaîné la lecture des derniers versets du Deutéronome (dernier livre de la Tora) et les premiers de la Genèse (« Au commencement… »), tous les rouleaux de la Tora sont sortis de l’arche sainte et portés par les fidèles, grands et petits, qui tournent sept fois autour de l’estrade de lecture (la bima ou téba), chantant et dansant en joyeuse procession. En Israël, ces processions débordent souvent dans les rues.

Pour une compréhension plus approfondie de Sim’hat Tora, n’hésitez pas à consulter le site de l’Amitié judéo-chrétienne de France, sur le thème précisément de Sim’hat Tora.

Une petite plaquette du mouvement ‘Habad Loubavitch de France peut nous nous aider à entrer dans la fête : elle présente ainsi cette joyeuse fête :

« A Sim’hat Tora (le jour de la réjouissance de la Tora), nous n’étudions pas la Tora : nous la célébrons ! Nous la tenons, nous l’embrassons, nous chantons et dansons avec elle. Après tout, le guide pour la vie que D.ieu nous a donné est le plus beau cadeau qu’un Juif peut et veut fêter.

Nous lisons la dernière Paracha (section) de la Tora et, comme la Tora ne se termine jamais, nous recommençons à lire le rouleau sacré depuis le début pour affirmer combien la Tora nous est chère et combien nous sommes impatients de recommencer un nouveau cycle de lecture et d’étude.

Cette joie se manifeste le soir puis le matin de Sim’hat Tora, avec des danses exubérantes dans la synagogue, tout en tenant les rouleaux de la Tora. Nous dansons sept fois autour de la Bima (l’estrade sur laquelle on lit habituellement le rouleau de la Tora) tout en chantant les airs traditionnels. »

Mais pour avoir une petite idée de la joie immense habituelle de cette fête : 

Hag Samea’h à tous nos amis !

Joyeuses fêtes !

Share Button

Reprise des activités

Tout d’abord un atelier animé par Marie-Paule LEMARIE :

au Pôle associatif Désiré Colombe, (8 rue Arsène Leloup, 44100 NANTES)

« Le couple dans l’Ancien Testament »

en deux ateliers :

— le 16/10/2025 : 1ère partie à 15 h salle Tricosa au pôle désiré Colombe

— le 17/12/2025 : 2ème partie à 15 h même adresse mais salle Jeanne Deroin

Etude en 2 séances de 2 h chacune.

–Le mercredi 16 octobre sera consacré au travail sur les nombreux textes de la Genèse traitant du thème du couple : Adam et Eve, couple fondateur de l’humanité, Noé, Abraham et Sara, Jacob et Rachel et d’autres couples également

— Le mercredi 17 décembre, continuation des découvertes dans les autres livres de la Bible avec, pour finir, une approche du Cantique des Cantiques, cet hymne à l’amour humain ou divin, selon le choix de chacun.

Bien vouloir s’inscrire auprès de MP Le marié ( 06 64 50 00 19 ).

Et apporter sa Bible.

Share Button