La grande Semaine de Pessa’h à Pâques

L’an dernier, nous étions bloqués chez nous, loin des synagogues et des églises. Et pourtant c’est un grand moment que nous avons pu vivre dans chacune de nos communautés : Pessa’h pour nos frères juifs – et la Semaine Sainte des chrétiens qui culmine à la fête de Pâques.

Petite particularité cette année, à cause de la différence des calendriers, juifs et chrétiens célébreront la fête la plus importante de leur culte à une semaine d’intervalle, Pessa’h ayant lieu pendant la Semaine sainte des chrétiens.

Pessah (la Pâque en hébreu), est une des trois fêtes de pèlerinage du calendrier juif. Elle début le 15ème jour du mois de nisan (début la veille au soir 14 nisan) et se poursuit sept jours durant en Israël et huit en Diaspora.

Célébration cette année du dimanche 28 mars au dimanche 04 avril 2021, avec un premier seder dès samedi soir, à la suite du Grand Shabbat qui précède la fête de Pessa’h, et qui commence dès ce soir vendredi 26 mars . Nous serons en plein dans la Semaine Sainte des chrétiens, qui trouvera son couronnement le dimanche de Pâques 04 avril.

Pour vous présenter cette fête de Pessa’h, il est intéressant d’entrer dans le texte de Dominique de La Maisonneuve, prix AJCF 2012 avec Louise-Marie Niesz, dans son ouvrage : « Le Judaïsme », aux éditions de l’Atelier (p. 113-114) :

« Selon la Torah, la Pâque doit toujours avoir lieu au printemps, le quatorze du mois de Nisan (Ex 12,6) mois de la sortie d’Egypte (Ex 23,15) : « Observe le mois d’Abib (des épis, en cananéen, le premier mois de l’année, c’est-à-dire Nisan) et célèbre la Pâque pour le Seigneur, ton Dieu » (Dt 16,1). Pour permettre ce rythme annuel avec des mois lunaires, on en ajoutait tous les deux ou trois ans, un treizième aux douze des années habituelles.

Aux temps bibliques, les nomades fêtaient, à cette saison, deux événements concomitants : l’un agricole, le début de la moisson d’orge; l’autre pastoral, le sacrifice d’un agneau consommé en famille.

Sur ces réalités significatives du renouveau de la nature, la tradition biblique va greffer un événement historique : la sortie d’Egypte. C’est un événement capital, fondateur du peuple, car il le fait passer – Pâque- Pessah – passage – de la servitude à la liberté. [Pessa’h indique aussi le fait que l’ange exterminateur soit passé par-dessus les portes des israélites marquées du sang de l’agneau. (Ex 12,13. 26-27) NDLR ].  Comme le printemps, c’est le retour à la vie après la mort de l’esclavage, un renouveau opéré par Dieu lui-même, désormais Sauveur pour son peuple : « C’est moi le Seigneur, ton Dieu qui-t’ai-fait-sortir-du-pays-d’Egypte » ((Ex 20,2).

Bien qu’il y ait un office synagogal propre à Pessah, le rite principal se déroule autour de la table familiale. A la tombée de la nuit, le Seder – repas rituel – rassemble la famille et souvent bon nombre d’amis. Ce repas se déroule selon un certain ordre, c’est le sens du mot seder, véritable liturgie dont le développement est consigné dans la Haggadah – récit – de Pessah. Il commence par une question posée par l’enfant le plus jeune, dès qu’il est en âge de questionner : « Qu’il a-t-il de particulier ce soir ? » En effet, dans un décor festif, il découvre sur la table des ingrédients inhabituels. Entre autres, des pains non levés – matsot – qui rappellent la hâte avec laquelle il avait fallu prendre ce repas (Ex 12,11) ; des herbes amères, comme le goût que l’on conserve de la servitude d’Egypte ; un mélange de pommes et de noix pilées pour représenter le mortier que les enfants d’Israël furent condamnés à fabriquer ; de l’eau salée symbolisant les larmes qu’arrache l’énumération des plaies d’Egypte. On ne peut se réjouir de la mort de ses ennemis…

Cette question posée par l’enfant : « Que se passe-t-il donc ce soir ? » donne l’occasion au père de famille, ou à un autre adulte, de faire mémoire du récit biblique, enrichi des commentaires de la tradition orale sur la servitude d’Egypte et la libération du peuple par Dieu.

On chante les psaumes du Hallel – louange – (Psaumes 113 à 118) ; on souhaite de se retrouver : « L’an prochain à Jérusalem« , évoquant par là l’impatiente attente du Messie. Des cinq coupes de vin rituelles, la cinquième reste pleine pour le ‘prophète Elie’ qui, selon la tradition, reviendra avec le Messie.

Parce qu’elle a donné naissance au peuple, cette libération en est l’événement fondateur. Elle demeure le symbole de toutes les libérations, de tous les saluts, passés et à venir, que Dieu ne cesse d’accorder à chacun : « Chaque juif doit se considérer comme s’il était lui-même, aujourd’hui, sorti d’Egypte » (Mishnah de Pessah 10,5) »         « Le Judaïsme, p. 113-114

Comment ne pas voir le lien avec la fête chrétienne de Pâques ?

La fête chrétienne de Pâques trouve en effet ses racines dans la fête juive de la Pâque. (voir le site du Cybercuré).

Après tous les événements de la Semaine Sainte, qui commence avec le dimanche des Rameaux et de la Passion, ce 28 mars  2021, événements qui eurent lieu au début de notre ère dans le cadre de la célébration de la Pâque juive, la fête de Pâques célèbre la résurrection du Christ, sa victoire sur la mort qui est l’élément central de la foi chrétienne. En même temps elle nous fait participer à sa résurrection en célébrant notre passage de la mort à la vie. C’est la bonne nouvelle de la victoire de la vie. Pâques est une fête que l’on célèbre dans une joie communicative. « Ce jour que fit le Seigneur est un jour de joie, Alléluia ».

A relire : un article de Juliette Gauffriau paru sur le site du diocèse de Nantes et repris par le site de l’Eglise de France : ici. : « Pâque juive et Pâques chrétiennes »

Pourquoi un « s » au mot Pâques : allez donc voir ici

Cette année Pâques est célébré le dimanche 04 avril, par les Catholiques et les Protestants et le 02 mai par les Orthodoxes.

Qu’il nous soit permis de vous renvoyer sur le site du CCAN (Centre Culturel André Néher.) Vous y trouverez des indications intéressantes en ce temps de confinement : Confinés, mais pas isolés !

Vous fréquenterez certainement aussi avec profit le campus numérique juif Akadem, qui vous propose des tas de possibilités d’information et de formation. Ne manquez pas cet échange entre Julien Darmon, professeur de Talmud et Antoine Guggenheim, docteur en théologie, sur le thème : « Comment Pessa’h est devenu Pâques : le Seder au temps de Jésus ». A voir ici.

Chaque communauté, juive ou chrétienne, trouve les moyens de rester en lien, tout en étant chez soi. Chaque paroisse chrétienne donne par exemple des indications et des vidéos pour que, à défaut parfois de nous trouver dans les mêmes lieux, nous puissions vivre les Jours Saints et Pâques au même moment, dans une sorte de communion inhabituelle mais bien réelle. Internet pour cela facilite bien les choses, même si pour l’instant on peut encore se retrouver en présentiel, en nombre restreint et en respectant les consignes sanitaires.

Nos frères juifs peuvent aussi, s’ils le désirent, s’inscrire pour un Séder communautaire numérique exceptionnel, le soir du deuxième seder de Pessah, le 28 mars, organisé par le Judaïsme en Mouvement (JEM). Cliquer ici.

Hag Pessa’h saméah – Joyeuses fêtes de Pâques

 

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Nouvel An des arbres, vous connaissez ? Tou BiChvat

Et oui, c’est une nouvelle année qui commence ! et n’est-elle pas tout à fait dans l’air du temps, cette fête où l’on célèbre la nature, les arbres et les fruits ? Pourtant, c’est une très ancienne fête, née il y a bien longtemps et dont témoigne déjà le Talmud.

Tou Bichvat se fête cette année le 28 janvier 2021

mais comme toute fête juive,
elle a commencé la veille, dès hier soir.
Son nom « Tou BiChvat« 
signifie « 15 du mois de Chevat » (à cheval sur janvier et février).

Ce n’était à l’origine qu’un marqueur calendaire pour le calcul d’une redevance sur les arbres fruitiers à payer au temple de Jérusalem. Ce n’est que progressivement que cette date est devenue une fête des fruits et de la nature dont le statut reste celui d’une fête mineure.

Mishna Rosh Hashana 1,1 : « Il y a quatre jours de Nouvel an […]. Le 1er Chevat a lieu le Nouvel an des arbres, suivant l’école de Shammai ; mais l’école d’Hillel dit que c’est le 15 du même mois ».  

Les textes talmudiques ne prévoient aucun rite à accomplir à cette date, qui n’a donc pas encore le statut de fête dans l’Antiquité. En revanche, l’importance des arbres pour l’humanité est fréquemment soulignée dans la littérature rabbinique.

Tou BiChvat a progressivement acquis la signification d’une fête du renouveau de la nature, une dimension approfondie depuis les années 1970 sous l’influence des mouvements politiques et sociaux environnementalistes. C’est dans cette optique que la célébration de Tou BiChvat est couramment assimilée à un Jour des arbres .

Comme dit la Mishna :

C’est le Nouvel An des arbres.
Cette fête a lieu au moment de la montée de la sève,
avant le bourgeonnement du printemps.
Il s’agit d’une fête chaleureuse,
en reconnaissance à D.ieu pour Sa création
et la jouissance qu’Il en accorde à l’homme.
Elle donne lieu à un repas dont la
succession des plats est bien ordonnancée.
Ce repas est composé
de 4 coupes de vin (blanc et rouge) ainsi que de 7 fruits.

Voici justement un joli poème sur « Les petits fruits de Tou BiChvat« ,

dit par Olga et Niels.

Bien sûr, chaque consommation
est précédée d’une bénédiction.
Cette fête n’est pas qu’une pure célébration écologique.

Elle est une occasion de réfléchir
aux interrelations qui existent
entre l’homme, son D.ieu
et la nature dont il est responsable.

Et nous sommes ici, exactement, dans le thème d’année

de notre groupe d’Amitié Judéo-Chrétienne de Nantes !

« Création et Ecologie, réfléchir et agir »


Sous l’onglet « documents » en haut de cette page,
vous pouvez découvrir un joli poème d’Edmond Fleg
écrit à la gloire du raisin.

Et pour plus de renseignements, voir ici, le site icalendrier.

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VisioConférence : Création et Ecologie intégrale, par Fabien Revol

Le programme 2020-2021 de notre groupe AJCF Nantes aborde la thématique  « Création et Ecologie », et dans ce cadre nous avions prévu deux conférences nous permettant d’appréhender le sens à donner à cette Ecologie qui fait tant parler d’elle…

La première a eu lieu en présentiel le 14 octobre, donnée par le rabbin Yeshaya Dalsace.

Aujourd’hui, notre Groupe AJCF, en lien avec le Passage Sainte Croix, propose une visioconférence pouvant, en tant que telle, s’adresser à un public plus nombreux. Elle va nous être donnée par

Fabien Revol

Philosophe et théologien,

Enseignant chercheur à l’Université catholique de Lyon

« L’Evangile de la Création,

au fondement de l’écologie intégrale »

Cette visioconférence aura lieu

le mercredi 13 janvier 2021 à partir de 18h30

Pour plus de renseignements s’adresser à ajcfnantes@yahoo.com

En espérant que nous pourrons  reprendre sans tarder nos activités en présentiel, ce qui n’est malheureusement pas encore possible.

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La circoncision de Jésus, une belle fête disparue…

[Nous reprenons volontiers aujourd’hui, tant le sujet nous paraît important, un article, avec quelques ajouts, sur la circoncision de Jésus, que nous avons déjà publié jadis.]

En ce début d’année, jusqu’en 1974, l’Eglise catholique romaine célébrait la fête de la Circoncision de Jésus, jusqu’au jour où le pape Paul VI la remplaça par la fête de Sainte Marie, Mère de Dieu.

 L’année commence donc par une fête de Marie et non pas par celle de la circoncision d’un petit enfant juif, acte qui inscrivait bien cet enfant dans l’Alliance avec Dieu ! Belle occasion manquée d’insister sur la judéité de Jésus, de rappeler que Jésus était juif et que, comme tout enfant juif, il a été circoncis le huitième jour. Certains rites orientaux (orthodoxes) ont heureusement conservé cette fête au début de janvier.

Curieusement, l’évangile retenu pour ce 1er janvier, fête de Marie, est le passage de Luc, 2,16-21, qui se termine par : « Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception« .

Et pourtant, quel est est le prêtre ou le diacre qui dans son homélie du jour aura fait, ne serait-ce qu’une allusion  à  la circoncision qui insérait l’enfant Jésus dans le peuple de l’Alliance ?

Alors, qu’il nous soit permis de partager le coup de colère de René Guyon, en 2014, sur le blog « Garrigues et sentiers » (blog que nous vous recommendons chaleureusement, et que nous remercions)…

L’article commence ainsi :

« Chers amis Internautes, si j’écris aujourd’hui cet article c’est parce qu’en ouvrant mon mensuel Magnificat je viens d’être pris soudain d’une sainte colère à la vue d’un fait que j’avais oublié. Le voici…

Le 1er janvier, soit 8 jours après Noël dans le décompte ancien, l’Église Catholique Romaine célébrait jusqu’en 1974 la fête de la Circoncision de Jésus. Hélas, trois fois hélas, le pape Paul VI la remplaça alors par la célébration de Sainte Marie, Mère de Dieu .

Exit la manifestation fondamentale de la judéité de Jésus au profit d’une énième fête de la Vierge…

Pourtant, Luc (seul évangéliste à le faire, hélas !) écrit dans son Évangile : « Et lorsque furent accomplis les huit jours pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus, nom indiqué par l’ange avant sa conception », car les juifs ne donnaient – et ne donnent aujourd’hui encore – le nom à leur fils qu’au bout de ce délai de huit jours.

Paul de Tarse (saint Paul), juif aussi, parle plusieurs fois de la circoncision, sujet délicat et fort débattu dans les premiers temps de ce qui n’était pas encore l’Église, où les premiers païens convertis se faisaient circoncire. Il développe en particulier le concept de circoncision du cœur (Romains 2,29), mais il « clôt le débat » avec sa proclamation magnifique (Colossiens 3,11) : « Là, il n’est plus question de Grec ou de Juif, de circoncision ou d’incirconcision, de Barbare, de Scythe, d’esclave, d’homme libre ; il n’y a que le Christ, qui est tout et en tout. » …

Mais c’est tout le texte de René Guyon qu’il faut lire :  ici sur « Garrigues et sentiers ». Cela en vaut la peine.

Pour en savoir plus, vous pourrez aussi vous rendre à cette adresse, sur le site de l’Amitié Judéo-chrétienne de France, où trois auteurs reviennent sur le sujet : Michel Remaud, Jean-Pierre Sonnet (avec le rabbin Dvid Meyer) et René Guyon, précisément, allant jusqu’à demander, pour certains exégètes, que l’on revienne sur cette décision.

Ajoutons, pour cette année, une « clé de lecture » sur la circoncision, que nous propose  Roselyne Dupont-Roc, bibliste, dans le mensuel « Prions en Eglise » de janvier 2021 :

« Luc rapporte par un récit ce que Paul rassemble dans une formule dense : « Né d’une femme et soumis à la Loi. » Jésus, le Fils envoyé de Dieu, a vécu pleinement notre humanité et il l’a vécue dans la particularité du peuple de la promesse, un Juif parmi les siens, circoncis le huitième jour selon la Loi de Moïse. Comme l’annonçait déjà le livre des Nombres : le Seigneur a fait briller sur lui son visage. Nous devons méditer cet ancrage du dessein de Dieu dans l’histoire. Pour atteindre l’humanité tout entière dans sa diversité et sa richesse, dans les chemins religieux divers qui conduisent chacun en quête de la vérité d’un amour qui se donne à tous, il a choisi de se communiquer pleinement à nous dans l’aventure inouïe du peuple d’Israël. »

En ce 2 janvier,  nous ne voulons pas vous quitter sans vous souhaiter une excellente année 2O21, malgré le virus, qui va bien finir par nous laisser tranquilles, nous l’espérons,… une année pleine de rencontres, de convivialité, de découvertes.

EXCELLENTE ANNEE 2021

à toutes et à tous

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Noël 2020

Noël est sans doute la plus connue des fêtes chrétiennes, célébrée dans la nuit du 24 au 25 décembre presque partout dans le monde, aussi bien par des croyants que des non croyants.

Chez les chrétiens Orthodoxes :

« Dès le IV° siècle, les Eglises d’Orient célébraient la naissance de Jésus le 6 janvier. Cette fête de Noël orthodoxe commémorait à la fois la manifestation de la naissance du Christ aux bergers et aux mages et la manifestation du Christ à son baptême. C’est la solennité de la manifestation de Dieu. Elle marquait aussi le retour de la lumière divine.- Actuellement, les patriarcats de Constantinople et d’Antioche et l’Eglise de Grèce célèbrent la naissance de Jésus et la visite des mages le 25 décembre parce qu’ils ont adopté le calendrier grégorien. Les Eglises russes, serbes, arménienne, copte et ethiopienne célèbrent la naissance de Jésus et la visite des mages le 7 janvier (13 jours après le 25 décembre), parce qu’elles ont gardé le calendrier julien. »

Chez les chrétiens Protestants :

« Les Églises protestantes ont trois cultes : la nuit, à l’aube et le matin, qui tous les trois peuvent inclure la célébration de la Cène. En 1560, au moment de la Réforme, les protestants se refusent à représenter la Nativité par une crèche comme les catholiques. Ils préfèrent développer la tradition du sapin, arbre qui symbolise le paradis d’Adam et Ève et la connaissance du bien et du mal. »

(extraits du site du Cybercuré )

Eclairages dans le Premier Testament :

Livre d’Isaïe

Eh bien ! Le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la jeune femme est enceinte, elle enfantera un fils, et on l’appellera Emmanuel. (Is 7, 14-15)

Oui ! un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; l’insigne du pouvoir est sur son épaule ; on proclame son nom : « Merveilleux-Conseiller, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ». (Is 9,5)

Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’Esprit du Seigneur, esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur, son inspiration est dans la crainte du Seigneur… (Is 11,1-9)

Livre de Michée

Parole du Seigneur : Toi, Bethléem Ephrata, le plus petit des clans de Juda, c’est de toi que je ferai sortir celui qui doit gouverner Israël. Ses origines remontent aux temps anciens, à l’aube des siècles. (Mi 5, 1)

La naissance de Jésus dans les Evangiles : voir les premiers chapitres des évangiles de Matthieu (1 et 2) et de Luc (1 et 2)

Accueillons maintenant ce message de Noël envoyé le 19 décembre 2013 par le

« Conseil d’Eglises chrétiennes en France » :

« Vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire »  (Luc 2,12)
« Il s’agit de la parole de vie » (1 Jean 1b)

« Le nouveau-né de Bethléem est la Parole de vie envoyée pour faire route fidèlement avec nous. Depuis l’aube des temps cette Parole de vie féconde l’histoire et transforme l’humanité. Par son amour Dieu choisit de naître dans l’humilité et ouvre ainsi un avenir d’espérance. Que nous puissions, tous ensemble, à sa suite, être des hommes et des femmes qui mettent leur confiance dans sa parole et sa promesse.

Aujourd’hui, cette Parole de vie est en contraste complet avec les flots de mots qui nous submergent : des paroles qui ne donnent ni vie, ni sens, ni avenir ; des paroles qui virevoltent mais qui n’accrochent pas. Trop souvent un déchaînement de paroles stigmatise l’autre avec des agressions verbales et racistes. Nous ne nous reconnaissons plus dans une parole publique qui se contredit et qui ne se concrétise pas par des actes.

En cette fête de Noël, Jésus-Christ, Parole de vie, vient dans le monde au milieu des joies et des détresses de notre époque. Cette Parole résonne avec amour : elle gémit pour la paix avec les réfugiés syriens, elle prend le chemin de l’engagement avec les exclus de nos cités, elle chuchote le réconfort et la réconciliation aux oreilles des personnes aux prises avec la violence en Centrafrique, en Irak, en République démocratique du Congo, en Égypte…

Jésus-Christ est la Parole de vie dans laquelle nous nous retrouvons, Il est la réponse à nos attentes, Il élève les petits, Il relève ce qui était perdu, Il apporte la paix. Il appelle les chrétiens de toutes les Églises à une écoute véritable de Dieu et à une solidarité avec tous les hommes : les plus démunis, les plus pauvres, les plus indifférents. L’amour humble et transformateur du nouveau-né de Bethléem se répand dans le monde par le témoignage d’hommes et de femmes qui vivent habités de sa promesse.

Ensemble mettons-nous en route pour annoncer la bonne nouvelle d’une parole de vie pour l’humanité de notre époque contemporaine : une espérance nous est offerte, un avenir nous est ouvert, un Sauveur nous est donné. »

Paris, le 19 décembre 2013

Pasteur François CLAVAIROLY – Métropolite EMMANUEL – Mgr Georges PONTIER co-présidents

Un post sur ce blog n’y suffirait évidemment pas. Alors, pour en savoir plus sur la fête de Noël, l’origine et l’histoire du jour de Noël, cliquer ici.

Joyeuse fête de NOEL à toutes et à tous

Et tant que nous y sommes, puisque l’année va basculer, et que nous avons une semaine de vacance,

Excellente année 2021 à toutes et tous

et qu’elle soit, autant que posssible,  meilleure que la précédente !

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Encore quelques mots sur ‘Hanouca

Il serait dommage de ne pas profiter de tout ce que nous apporte aujourd’hui le campus numérique AKADEM à propos de ‘Hanouca

dans un AKADEM -SPECIAL ‘Hanouca

que vous trouverez ici :

https://akadem.org/public/NL/Akadem2020/44_Aka-Hanouca-20.html

N’hésitez pas à picorer parmi toutes les propositions qui vous sont faites.

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‘Hanouca, ou la fête des lumières

La fête de ‘Hanouca, fête des Lumières dans la communauté juive

est célébrée cette année de la soirée du jeudi 10 décembre

à la soirée du vendredi 18 décembre 2020.

La fête de ‘Hanouca ne figure pas dans la Torah. Elle a été instituée par les rabbins pour marquer l’inauguration du Temple (la Dédicace) après sa profanation par les Grecs qui avaient tout détruit. Cette fête marque l’importante victoire militaire des Maccabées contre leurs ennemis. Elle symbolise aussi la résistance spirituelle du Judaïsme à l’hellénisation forcée.

Mais, ‘Hanouca est aussi connue pour le miracle de la fiole d’huile qui permit aux prêtres du Temple de faire brûler  pendant huit jours une quantité d’huile qui ne devait même pas suffire pour un jour (fête des Lumières).Hanukkah Menorah lit 

 Petite présentation

Nous sommes au deuxième siècle avant notre ère. La Judée, qui avait été conquise par Alexandre le Grand, est aux mains des Séleucides. Sa position stratégique au carrefour de l’Asie et de l’Afrique fait d’elle un enjeu vital dans la lutte entre les Ptolémées d’Egypte et les Séleucides gréco-syriens. Par ailleurs, la population subit l’influence grandissante de la culture hellénistique qui fait de nombreuses émules au sein de la jeunesse.

La menace de destruction physique et culturelle est donc contenue à grand’peine par les tenants de la tradition hébraïque. C’est à cette époque que le roi Antiochus IV Epiphane décide l’acculturation forcée des juifs. Il interdit l’étude de la Torah, la pratique de la circoncision, le respect du Chabbat. Par ailleurs, tout est mis en œuvre pour helléniser la population. Nombreux sont ceux qui prennent des noms grecs ou se marient avec des non-juives. Cette tendance se retrouve aussi parmi le clergé où des prêtres se font les complices de l’occupant pour piller le trésor du Temple.

C’est de Modine, un petit village de Judée, que le Grand-Prêtre Mattatias va lancer la révolte. Suivi par ses cinq fils dont Judah, qui sera un temps le chef militaire, la rébellion va se propager à travers toute la Judée. Les Syriens envoient des armées de plus en plus nombreuses et puissantes, mais ils sont à chaque fois défaits par les Maccabées (surnom de Judas fils de Mattatias, appliqué aussi aux chefs de la révolte puis aux 7 frères martyrs, dont parle le 2° livre des Maccabées), qui gagnent de plus en plus de terrain.

En l’an 164 avant JC, ceux-ci pénètrent finalement dans Jérusalem. Ils trouvent le Temple souillé, saccagé et pillé. Ne perdant pas de temps, ils le nettoient et le restaurent. Ils fabriquent un nouveau Candélabre, et le 25 du mois de Kislev, ils inaugurent le Temple réhabilité. (Le mot ‘Hanouca vient de la racine HNK qui signifie dédier, ou consacrer).Mais lorsqu’ils veulent allumer la Menora (chandelier à 7 branches du Temple), ils ne trouvent qu’une petite fiole d’huile d’olive pure portant le sceau du Grand-Prêtre. Elle est tout juste suffisante pour brûler un jour, alors qu’il en faut huit pour fabriquer une huile pure, conforme. Et là, Ô miracle, la Menora brûle huit jours, sans s’éteindre.Lampe-Hanouca-Topor

Ce miracle est célébré et remis à l’honneur tous les ans par le peuple juif à ‘Hanouca, une fête rabbinique non-chômée qui dure huit jours, pendant lesquelles, à la tombée de la nuit, chaque famille allume une bougie sur le chandelier (‘hanoukia) à 8 branches (plus une supplémentaire qui sert à allumer les autres bougies), après avoir dit la bénédiction. Puis on met la lumière à la fenêtre ou à l’entrée de la maison. On récite des prières de louanges et de remerciements. On allume chaque jour une nouvelle bougie, car « en augmentant les lumières, on augmente la sanctification » (Dr A.C. Merzbach)  C’est pourquoi on appelle aussi cette fête, fête des lumières.

D’autres coutumes sont également liées à cette fête : jouer à la toupie (où sont gravées certaines lettres hébraïques), donner de l’argent aux enfants (‘Hanouka Guelt en Yddish) et manger des aliments frits dans l’huile comme des beignets ou les latkès (beignets de pomme de terre).

La fête est célébrée peu avant Noël (ce qui ne manque pas de susciter des comparaisons, notamment à cause des Lumières que l’on allume et qui, pour des chrétiens, rappellent la lumière de Dieu qui vient luire dans notre monde, Jésus).

Le « Dictionnaire encyclopédique du Judaïsme » précise : « Dans beaucoup de pays de la Diaspora, ‘Hanouca revêt aujourd’hui une importance qu’elle n’avait pas dans les siècles passés : elle est devenue un substitut de la fête de Noël pour des enfants vivant dans un environnement chrétien. » Mais les cadeaux n’ont aucune signification particulière à ‘Hanouca. La raison pour laquelle on offre des cadeaux à ‘Hanouca est que cette fête tombe à peu près à la même période que Noël. La fête juive a été culturellement  » écrasée  » par l’obsession des gens pour les cadeaux de Noël.

Le chant le plus populaire de la fête de ‘Hanouca est sans doute : « Maoz Tsour » (Rocher puissant). Ce poème liturgique aurait été écrit au milieu du 13° siècle, au temps des Croisades. Il chante la confiance que l’homme d’Israël doit établir en Dieu à l’heure de l’épreuve. C’est un témoignage des souffrances d’Israël au milieu des nations et une hymne à l’espérance du salut qui approche. A écouter ici : https://fr.chabad.org/library/article_cdo/aid/764509/jewish/Maoz-Tsour.htm

Forteresse, rocher de mon salut, il est bon de te louer.

Restaure la maison de ma prière et là

nous sacrifierons le sacrifice d’action de grâce.

A l’époque où Tu prépares l’écrasement du persécuteur en ses gémissements

Alors j’achèverai par un chant vigoureux de louange l’inauguration de l’autel.

L’Evangile de Jean fait une allusion à la fête de ‘Hanouca : « On célébrait alors à Jérusalem la fête de la Dédicace. C’était l’hiver. » (Jn 10,22). C’est bien la fête de ‘Hanouca qui est ainsi désignée, et Jean, qui se réfère beaucoup au cycle liturgique juif et qui nous avait situés, deux chapitres plus tôt (7,37), au dernier jour de la fête de Souccot (fête des Cabanes, ou des Tentes) rappelant la précarité de la vie au désert, nous achemine peu à peu vers la fête de Pésah’ (la Pâque) où le récit évangélique trouve son point culminant.

Cette année, la première bougie de ‘Hanouca va s’allumer
jeudi soir, le 10 décembre 2020 (veille de la fête).

hanouka1 Parler de ‘Hanouca, c’est aussi l’occasion de signaler l’ouvrage de Mireille Hadas-Lebel, vice-présidente de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France, sur « La Révolte des Maccabées (167-142 avant JC) ». Vous en trouverez une présentation sur le site de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France à l’adresse suivante : http://www.ajcf.fr/spip.php?article1514

Nous vous recommandons l’écoute de l’émission de Radio Fidélité consacrée à la fête de ‘Hanouka. Maddy Verdon y interviewe Liliane Lavon de la Communauté juive de Nantes et membre de l’AJC. Ecouter le podcast :  https://www.radiofidelite.com/2020/12/03/juifs-et-chretiens-en-dialogue-la-lumiere-de-hanouka/

Et  il serait dommage de ne pas profiter des richesses du campus numérique juif Akadem, où l’on peut trouver de nombreuses vidéos sur la fête de ‘Hanouka. Nous vous proposons, par exemple, celle-ci qui est une présentation de la fête par le rabbin Philippe Haddad et qui est très pédagogique.

Hag ‘Hanouca Sameah

Joyeuses fêtes de ‘Hanouca

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Interpellation des évêques de France après les attentats

« Pas de vraie liberté sans respect et sans fraternité », affirment les évêques de France dans une « interpellation » publiée ce 7 novembre 2020, après les attentats. Tout est permis, mais tout n’est pas constructif, estiment-ils.

« Profondément meurtris par les attentats islamistes et plus particulièrement par celui d’un enseignant à Conflans-Sainte-Honorine puis de trois catholiques dans une église de Nice, les évêques de France réunis en Assemblée plénière condamnent sans réserve ces crimes.

Ils rappellent la forte déclaration du Pape François dans son encyclique Tous frères : « Le Grand Imam Ahmad Al-Tayyeb et moi-même avons déclaré fermement que les religions n’incitent jamais à la guerre et ne sollicitent pas des sentiments de haine, d’hostilité, d’extrémisme, ni n’invitent à la violence ou à l’effusion de sang. » (Fratelli Tutti, octobre 2020).

En s’associant à l’hommage national qui est rendu aujourd’hui à Simone, Nadine et Vincent, les évêques de France interpellent tous leurs compatriotes :

Et si nous commencions par le respect et la fraternité ?

La liberté doit être défendue, sans faiblesse. Est-ce à dire que la liberté d’expression ne doit connaitre aucune retenue vis-à-vis d’autrui et ignorer la nécessité du débat et du dialogue ?

Oui, les croyants, comme tous les citoyens, peuvent être blessés par des injures, des railleries et aussi par des caricatures offensantes.

Plus qu’à des lois supplémentaires, nous invitons chacun, en conscience, au respect.

« Liberté, égalité, fraternité » : la fraternité est une valeur républicaine. Notre exercice de la liberté ne peut pas l’ignorer. Nous devons en tenir compte dans nos comportements individuels et collectifs, personnels et institutionnels.

Nous vous partageons notre conviction profonde :  la liberté grandit quand elle va de pair avec la fraternité.

Comme le dit Saint-Paul : « ‘Tout est permis ‘, dit-on, mais […] tout n’est pas bon’, ‘Tout est permis, mais tout n’est pas constructif’. Que personne ne cherche son propre intérêt, mais celui d’autrui »
(1 Cor 10, 23-24).

Il est temps de réfléchir à la manière dont nos institutions collectives et nos comportements individuels doivent promouvoir le respect et déployer la fraternité.

Cette réflexion urgente doit être engagée par les pouvoirs publics.

Elle concerne chacun d’entre nous. Elle nous concerne tous. »

Les évêques de France, réunis en Assemblée plénière

extrait du site de l’Eglise de France « eglise.catholique.fr« 

Vous pouvez télécharger le communiqué ici

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Communiqué de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France

Après le professeur Samuel PATY, ce sont des fidèles catholiques priant dans leur église qu’un fanatique vient d’assassiner, défigurant la religion dont il se réclamait et se croyait le héraut. Encore une fois sont combattues dans notre République les valeurs qui la fondent et que l’Amitié Judéo-Chrétienne de France contribue à incarner en promouvant la fraternité entre juifs et chrétiens.
Les nombreux messages de solidarité qui ne cessent de lui arriver de la part d’amis juifs témoignent de la force de cette amitié.
L’AJCF remercie en leur nom la communauté juive de France, elle-même si souvent éprouvée, et redit son espoir de voir dans cette amitié partagée un ferment de fraternité pour toute notre société.
Jacqueline CUCHE
Présidente de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France

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Covid oblige : la conférence de Fabien Revol annulée

Nous voici donc encore une fois confinés !  C’est la Covid 19 qui décide une fois de plus…
 
Ainsi, nos prochaines activités nantaises AJCF  de novembre sont donc annulées : 
 
En particulier- la conférence du 3 novembre qui devait avoir lieu au Passage Sainte Croix avec Fabien Revol.
 
Mais aussi, si vous l’aviez déjà programmée dans votre agenda,
– la journée du 15 novembre intitulée « Le Grand Atelier des Mille & 1 questions« .
 
« Bien entendu, nous précise Maddy Verdon, présidente de l’AJC groupe de Nantes, il faut mieux parler d’ajournement car nous ferons tout pour reprogrammer ces deux événements ô combien importants. 
La première programmation en mars 2020 du Grand Atelier avait donné lieu à de nombreuses inscriptions et cela, nous ne l’oublions pas… »
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