Nous avons le grand plaisir de vous annoncer la venue de Daniel Frydman dans les locaux du CCAN, 6 impasse Copernic à Nantes,
le jeudi 21 mai à 18.00,
pour son livre « L’Appel judéo chrétien »
Daniel Frydman, médecin psychiatre, marié et père de 4 enfants, a écrit ce livre à 4 mains avec son épouse, Magali.
David n’avait jamais prié, il découvre les richesses de la foi tout en prolongeant l’héritage de sa judéité en accueillant celui que nous offre l’Église. À ses côtés, Magali retrouve la foi en Christ qu’elle avait mise de côté en lui donnant une nouvelle dimension.
Nous vous attendons nombreux pour ce moment de réflexion et d’échanges autour d’une double identité, judéo chrétienne !
Pour nous préparer à cette rencontre, nous vous proposons de lire, ci-dessous, l’entretien que Daniel Frydman a bien voulu accorder à Maddy Verdon.
« Bonjour Daniel Frydman,
– Vous venez de publier aux éditions « Les impliqués » un ouvrage intitulé « L’appel judéo chrétien » dans lequel vous racontez votre conversion au christianisme, au catholicisme alors que vous êtes né juif. Pourquoi ? Quel besoin avez-vous ressenti ? celui de témoigner ? de confesser ? de transmettre ?
Ecrire est déjà en soi un besoin ! Libéré de mes activités professionnelles, j’ai commencé à retracer mon cheminement, ce qu’étaient devenues mes convictions.
Au départ je voulais surtout témoigner, avec le souci de l’authenticité et de l’honnêteté, Dans cette optique je voulais que l’interprétation du lecteur ne soit pas influencée par d’éventuels préjugés quant aux motivations, comme le seraient l’assimilation, le prosélytisme ou l’adhésion à la substitution.
. Car mon itinéraire a été guidé, avant tout, par l’émergence de ma foi en Christ, qui m’a conduit vers le baptême.
Au fil des pages l’importance de mon attachement à mes racines et à Israël s’est révélée. J’ai voulu en témoigner.
– Pouvez-vous nous dire un mot de votre famille ?
Une famille unie entre mes parents mes frères et moi durant mon enfance, bien intégrée en France, je détaille certains événements dans mon livre, ainsi que l’héritage de nos origines juives d’Europe centrale, la shoah et ce qui a suivi cette épreuve.
– Vous écrivez que votre famille n’était pas pratiquante. Mais la tradition, était-elle absente de votre quotidien ?
C’est toute la question de l’appartenance à la judéité, qui forcément implique un lien avec la référence religieuse, même en l’absence de pratique régulière.
La fréquentation de la synagogue n’était que très occasionnelle, au gré des événements familiaux ou amicaux.
– Vous avez fait le choix de la médecine. Vous êtes devenu psychiatre. Pensez-vous que vous avez été influencé par votre histoire, par celle de votre famille, victime de la Shoah ? un besoin de comprendre ? de réparer ?
J’avais à cœur de faire figurer cette dimension dans mon cheminement.
La blessure laissée par la shoah est entrée en ligne de compte. La possibilité de soigner, au sens de « prendre soin » à la suite de mes oncle et tante devenus eux aussi médecins, m’ouvrait une perspective de prise de responsabilité, vis-à-vis de la maladie et de la souffrance. La médecine m’offrait une place dans la société, différente des générations qui m’ont précédé.
La découverte de la psychiatrie m’a rapidement conquis. J’entrais plus en profondeur dans la vie de mes patients, ce qui me rapprochait des questions existentielles, voire spirituelles.
– Vos convictions religieuses n’étaient pas votre préoccupation du moment. Est-ce à cause de cela que vous vous êtes engagé dans un mariage mixte avec une chrétienne ? Cela a-t-il changé quelque chose pour vous ?
Croire que le fait de ne pas être pratiquant conduirait au mariage mixte, serait une illusion. Cela n’a absolument pas atténué, à mon avis, la prise de conscience de ce choix , délibéré, et responsable.
Plus tard j’ai compris qu’il s’agissait d’une grâce qui m’a été donnée, prémices de ma vocation propre.
– A quel moment vous êtes-vous senti appelé par la foi en Jésus ? Par la foi de Jésus ?
La « rencontre » avec le Christ a été préparée, par la suggestion providentielle de la part d’amis proches, d’assister à une retraite. Elle aura permis l’émergence de mon oui décisif.
– Cette conversion a-t-elle été un tremblement dans votre famille juive ? à l’image de la réaction des parents de Gad El Maleh dans son film «Reste un peu» ?
J’ai tenu à annoncer et expliciter par écrit mon entrée en catéchuménat à mes parents. Leur désapprobation a été immédiate et vigoureuse, toujours par écrit, mais il n’y a pas eu d’affrontements directs, nous avons mutuellement évité cela. Contrairement à Gad El Maleh je n’ai pas sollicité de leur part un changement d’attitude. Nous nous en sommes tenus à cette réserve qui a permis le maintien de la relation.
– Comme tous les convertis, vous êtes devenu un chrétien sincère, fervent, prêt à se dévouer pour son Eglise mais que faites-vous aujourd’hui de votre judéité ? A-t-elle encore une place dans votre vie ? Comment ?
Je n’ai pas eu à faire appel à de grands engagements, mais j’ai fréquenté les milieux où l’on est sensible à l’amitié judéo-chrétienne. L’écriture de « l’appel judéo-chrétien de David et Magali » m’a ouvert une autre dimension pour témoigner.
– A propos du Mystère d’Israël, vous écrivez «Oserais-je dire que c’est l’étoile jaune qui porte aujourd’hui sa croix». Pouvez-vous nous expliquer votre pensée ?
Certes l’expression peut surprendre ! Cela est à rapprocher de la page 101 : « Aujourd’hui Israël rejoint les souffrances du Christ, c’est le prix de l’Alliance ».
– Gardez-vous des liens avec le monde juif de France, d’Israël ?
Des liens familiaux et amicaux. Nous sommes, mon épouse et moi, très proches de la communauté de l’abbaye d’Abu Gosh, présence chrétienne en terre d’Israël, ouverte sans discrimination à tous les Israéliens ,qu’ils soient juifs ou arabes musulmans et chrétiens.
– Et vos enfants, vous en avez quatre, je crois, comment vivent-ils votre double identité ? La partagent-ils ? De quelle manière ?
Ils sont à présent adultes, conscients de cet héritage, mais je ne me permettrais pas de m’exprimer à leur place.
– Pour conclure, notre entretien, j’ai constaté que le prophète Jonas vous accompagne tout au long de votre ouvrage. Est-ce parce que vous sentez-vous proche de lui ?
Absolument ! J’avais même pensé suivre la trame du livre de Jonas pour l’architecture de mon livre. Car je ne me contente pas de la lecture du seul « signe de Jonas » évoqué par Jésus Lui-même, signe habituellement rapproché du passage par le gros poisson. La suite me semble tout aussi importante : le passage autour de la conversion de Ninive suivi de celui du ricin. J’y vois une intuition de l’appel à l’ouverture aux nations, et des résistances dont Jonas, une fois de plus, essaye de se dérober.
Merci Daniel Frydman de vous être prêté si cordialement à répondre à nos questions.
Très bonne lecture de votre ouvrage à tous ceux à qui nous avons donné l’envie de le lire… »
L’ouvrage de Daniel Frydman sera en vente au CCAN le jour de la rencontre.